Aujourd'hui, la situation nous oblige à adresser un appel à leurs sentiments de solidarité. Alors que certaines localités ne disposent plus du tout de lait naturel, d'autres peuvent couvrir encore, par ce moyen, une partie de leur consommation, quelques-unes mêmes, possèdent assez de vaches, pour n'avoir aucun besoin sérieux de lait conservé. Nous sommes certains que celles qui restent encore favorisées, par rapport aux agglomérations, où les enfants s'étiolent faute de lait, sauront où est leur devoir. C'est pourquoi, désireux d'assurer une répartition de notre lait moins mathématique, mais plus conforme aux nécessités réelles, nous vous demandons de nous faire savoir, si votre Comité local peut nous abandonner toute sa part de lait conservé du Comité américain, si, au moins, il peut nous abandonner une fraction de sa part, et quelle fraction.
Vous apprécierez les intentions qui nous guident, et vous voudrez bien nous aider à réaliser notre désir de rendre le plus de services au plus grand nombre possible des habitants du Nord français occupé, et à ceux d'entre eux qui ont le plus besoin de notre concours.
Veuillez agréer, etc.
Le Délégué Américain de la C. R. B.
pour le District de Lille
LAURENCE C. WELLINGTON.
Le Secrétaire Général,
E. LABBÉ.
Nota.--Malgré ses louables efforts, le Comité Américain ne parvient pas à recevoir suffisamment de lait pour toute la population lilloise.
L'Administration municipale s'est vivement préoccupée de cette question, et elle a passé avec la Société Nestlé, un contrat pour la fourniture de lait.
Les arrivages ont été assez nombreux depuis quelque temps, et la Ville fait distribuer, rue à Fiens, au local Playoust et dans d'autres locaux de la banlieue, environ 20.000 à 25.000 boîtes de lait par semaine.