De ce qui précède vous déduirez sans peine que la constipation dépendra, soit du relâchement ou du resserrement des muscles, soit de l'insuffisance des glandes, si elles ne sécrètent plus assez de mucus pour faire glisser les déchets alimentaires à travers notre métro intestinal.
Pendant que ce grand drame de la nutrition se poursuit dans les profondeurs de sa vie végétative, l'homme pense, souffre, aime; il s'évade de sa prison, il a des ailes; il découvre les lois de la gravitation, et il se perpétue. Mais s'il peut accomplir tous ces prodiges, c'est parce que la nature l'a libéré de la matière, en installant dans son intestin des moteurs nerveux particuliers, formés de ganglions nerveux et de nerfs qui, seuls, suffisent à faire marcher les mécaniques musculaires et glandulaires de l'intestin, sans que nous ayons à nous en préoccuper et en ayons même conscience. Ils ont été construits, pour que tout, dans l'intestin, se passât sans douleur et en dehors de nous. Mais, dans les maladies, diarrhée, purgation violente, toxines, etc., l'excitation dépassant les ganglions nerveux, arrive à la moelle épinière qu'elle irrite. Dans ces conditions, elle devient consciente, et la colique s'installe. Si la contraction intestinale, due à l'irritation nerveuse, est plus forte encore et plus prolongée, le cerveau et le bulbe peuvent être à leur tour excités, et alors c'est l'angoisse, et même la syncope.
Inversement, une irritation émotive partie du cerveau pourra très bien, par voie descendante, aller impressionner la moelle et irriter les nerfs de l'intestin. Ceux-ci feront soudainement contracter les muscles, et, avec tant de force, qu'ils produiront la colique, colique des héros quand il s'agit d'un Turenne, contraint de se mettre à l'écart aux premières mousquetades, ou colique du poltron au système nerveux déséquilibré. «J'en ai la colique» est une locution populaire qui s'inspire de la plus haute physiologie.
Après ces démonstrations, vous vous expliquerez sans peine le succès, éternel comme la faiblesse humaine, des laxatifs et purgatifs. Parmi ces derniers, je relève d'abord les purgatifs mécaniques qui renforcent la contraction musculaire de l'intestin par la seule excitation de leur poids. A citer ici les pilules d'antimoine, dites perpétuelles, parce que nos aïeux, qui n'y voyaient pas malice, les recueillaient après l'effet obtenu et se les transmettaient de père en fils.
Mais les purgatifs végétaux agissent, non seulement par leur poids, ils opèrent aussi par le mucilage qu'ils contiennent et qui vient probablement suppléer au mucus des glandes. Le type de ceux-là est la graine de lin prise le soir à la dose d'une cuillerée dans un peu d'eau. La graine de moutarde blanche (une cuillerée à café) est également appréciée; de même les grains de psyllium, sorte de plantain, au goût de poussière bien désagréable, et la gélose, dont on fait une si grande consommation sous les noms les plus divers. Somme toute, rien ne vaut, comme purgatif mécanique, la vieille huile de ricin; elle n'est guère savoureuse non plus, mais avec du jus d'orange, de la bière, du café ou quelque émulsion savante, on arrive assez bien à en masquer le goût. (A suivre)
Annonces diverses
Avis.--Les personnes qui auraient déposé au Bureau du Journal, à la Mairie, des réponses aux annonces parues dans les numéros antérieurs à celui du dimanche 30 avril, sont priées de les renouveler, car celles qui n'ont pas été prises par les intéressés, ont été détruites par l'incendie de l'Hôtel de Ville.
--Bijouterie--Horlogerie--Orfèvrerie «A la Perle d'Or». 46, r. Esquermoise. Maison de confiance. Réparations soignées, prix très modérés. Cadeaux pour 1re communion, croix, médailles, etc.
--Maladies des femmes, les mardi et vendredi, de 10 à 5 h., rue d'Amiens, par le Dr Torck.