Et cette parabole est l'histoire de notre District avec ses 108 enfants,--pardon, ses 108 Communes.
Lorsque des arrivages nous parviennent, les Communes sont assurées que la quote-part de chacun est réservée, selon le nombre de ses habitants. Chacun doit être bien convaincu que l'équité la plus mathématique préside à la répartition.
Nous entendons bien pourtant dans la population, des réflexions amères dans le genre de celles-ci:
«A Lille, on donne du lait,--à X..., il n'y en a pas. Le saindoux abonde à Roubaix;--depuis 2 mois, on n'en a pas vendu à Y..., etc...».
Soyez bien persuadé que Lille, Roubaix, Tourcoing, Vendeville,--ou n'importe lequel des 108 enfants a eu sa part,--part basée sur le nombre précis des habitants recensés.--Seulement, les distributions des Communes aux particuliers ne se font pas partout de la même façon.
Cette dernière observation n'est pas une critique, notez-le. Il est bien entendu qu'une Commune, ayant à sa disposition 500 grammes de saindoux par habitant, peut avoir d'excellentes et de multiples raisons, pour que sa distribution se fasse en une fois, en une semaine, si vous voulez; sa voisine,--pour des motifs non moins bons,--ne donnera que 100 grammes par ration,--mais en donnera 5 fois, soit pendant 5 semaines.
Il se présentera donc que la 1re Commune, pendant 4 semaines, ne touchera plus de saindoux et jalousera la deuxième, en vertu de l'adage «qu'un morceau avalé n'a plus de goût»; mais il est évident aussi que les 5 distributions de celle-ci, ne seront que strictement équivalentes à la distribution, en une fois, de la première.
Il faut que chacun soit convaincu de la sincérité absolue de ce que nous vous déclarons plus haut: les 666.000 habitants du District ont droit égal et part égale. Les quantités données aux Communes, tiennent compte du nombre seul de la population. Et si des Communes sont libérales dans les distributions,--ou avares,--c'est que des raisons graves leur dictent cette libéralité ou cette avarice.
Nous interposer brutalement serait dépasser notre rôle, et nous estimons que les administrations communales connaissent mieux que nous,--chacun chez elle,--les besoins détaillés des administrés.
Pensez aux mille difficultés qui surgissent à tout instant; croyez-bien surtout qu'il est dur, dans ces temps si durs, de paraître refuser aux malheureux, que nous sommes tous, les choses les plus indispensables; songez que nous vivons tous les mêmes souffrances et ne doutez pas que le rôle de «Père Noël» nous conviendrait bien mieux que celui de «Père Fouettard».