Pour l'intérieur de la Ville et Fives-St-Maurice, à la Mairie de Lille (ancien Salon Blanc) guichets 5 et 7.

Bons Communaux.--Depuis quelque temps, des bons de monnaie falsifiés de la Ville d'Halluin sont mis en circulation. L'altération porte sur des billets d'un franc, dont le nombre et le chiffre sont grattés et remplacés par le nombre et le chiffre cinq. Nous mettons le public en garde contre cette falsification, dont il est d'ailleurs facile de se rendre compte par un simple examen des billets, et nous lui rappelons, en outre, que les billets d'un franc sont imprimés sur fond gris, les billets de cinq francs sur fond rose, et les billets de vingt francs sur fond bleu. Tout billet qui ne remplirait pas ces conditions de couleur, ou qui présenterait des traces de grattage, est donc un billet faux. Une enquête sérieuse est ouverte et les coupables seront passibles des peines prévues par l'article 139 du Code pénal, qui punit des travaux forcés à perpétuité ceux qui auront contrefait ou falsifié les billets de banque autorisés par la loi, ainsi que ceux qui auront fait usage de ces billets contrefaits ou falsifiés, ou qui les auront introduits sur le territoire français.

Pommes de terre.--La Mairie a pu se procurer, à grand peine, 50 tonnes de pommes de terre. Cette quantité étant insuffisante pour faire une distribution à la population, l'Administration municipale a décidé de répartir les 50 tonnes entre les différents fourneaux économiques, afin d'en faire profiter la population pauvre.

L'Administration municipale fait les plus actives démarches pour obtenir des envois de pommes de terre, suffisants pour les besoins de la population.

Beurre.--Il est arrivé du beurre frais de Hollande, que l'Administration Municipale mettra en vente dans les locaux de distribution, au prix de 9 frs le kg. La ration sera de 110 grammes, par personne, pour un franc. Le beurre vendu en ville, il y a quelques jours, a été acheté par des épiciers avec leurs fonds personnels et sous leur responsabilité. La ville n'est intervenue dans cette opération commerciale, que pour la transmission des commandes en Hollande, et la remise des avis de réception aux intéressés.


Plantez des tournesols

En présence de la rareté et de la cherté persistantes de l'huile, il importe de ne négliger aucune des sources de production connues, et d'utiliser, le plus possible, tous les espaces disponibles, pour y cultiver des plantes susceptibles de fournir cette précieuse denrée. Parmi ces plantes, nous citerons le tournesol, sur lequel nous avons déjà attiré l'attention de nos lecteurs dans notre numéro du 14 novembre 1915. Le tournesol ou hélianthe, que l'on cultive surtout dans nos jardins, comme plante d'ornement, à cause de son aspect très décoratif, et de ses fleurs géantes d'un beau jaune d'or, est une plante annuelle, probablement originaire du Mexique, qui fut introduite vers la fin du seizième siècle en Europe, où elle attira de suite vivement l'attention comme plante d'ornement, et aussi par son curieux héliotropisme. On la cultive, notamment en Russie et en Hongrie, comme plante oléagineuse. Le premier de ces pays tire, chaque année, des graines de tournesol 100,000 quintaux d'une huile comestible savoureuse représentant une valeur de 3 millions de roubles. La Hongrie, qui cultive le tournesol, soit comme produit principal, soit comme produit accessoire, en bordure des champs de maïs, de pommes de terre, de tabac, de betteraves, dans les potagers, etc., en utilise la majeure partie en vue du tourteau résiduel de l'extraction de son huile, qui sert à la nourriture des chevaux et de la volaille. En Hollande, dans le Sud de la France, dans le Pendjab (Inde), dans la Russie méridionale, aux environs de Washington, à la Martinique et dans quelques régions marécageuses de l'Allemagne, on cultive le tournesol dans le but d'améliorer le climat, principalement pour combattre la fièvre intermittente. Le tournesol exige une terre assez compacte et forte. Ses jeunes bourgeons servent de légume; les tiges sont utilisées comme combustible et comme source de potasse; les feuilles fournissent un bon fourrage (sèches, elles constituent un régal pour les lapins); les fleurs offrent aux abeilles un pollen abondant, très favorable à la production du miel, et cela dans une saison où les plantes mellifères sont devenues rares dans la plupart des pays; enfin, les graines ou noyaux des fruits, au nombre de plus de 2000 par fleur, constituent une excellente nourriture pour les poules, mais elles sont surtout employées pour la production d'une huile de table, fine et savoureuse, et se payent fort cher. Pour l'extraire, on commence par enlever des fruits les noyaux, qui donnent environ 40% d'huile. Les tourteaux résiduels constituent un excellent fourrage pour le bétail. Les graines peuvent aussi être utilisées comme amandes et, en Amérique, on les cuit pour en faire une sorte de pain. D'après Langethal, 1 hectare peut donner environ 150 kilos d'huile et 400 et 1000 kilos de tiges et de feuilles.

Voici le printemps venu, c'est le moment de planter des tournesols; en mettant à profit pour cette culture les espaces incultes disponibles, on s'en trouvera bien, et on fera ainsi oeuvre utile à la collectivité.