La Gazette de Cologne publiait à la date du 10 avril, l'information suivante:

«La proposition d'avancer l'heure d'avril à septembre a été rapportée en France, par le député des Basses-Alpes, M. Honnorat, d'accord avec le Ministre de l'Instruction publique Painlevé. La Commission parlementaire de l'Instruction publique l'a, d'après le Journal du 6, adoptée à l'unanimité. A partir du 10, donc à dater d'aujourd'hui, toutes les pendules seront avancées d'une heure. Cette mesure a surtout pour objet, en France, de limiter les dépenses d'éclairage et de réaliser une économie sur les charbons anglais, devenus si épouvantablement chers, grâce à la guerre des sous-marins et dont, cependant, l'armée ne peut se passer».

Et La Gazette du 14 avril, publiait, sur la question de l'heure d'été en France, le renseignement suivant:

«La question de l'introduction de l'heure d'été en France n'est pas encore décidée. Ces jours-ci, l'Académie des Sciences et la Commission du budget de la Chambre se sont prononcées contre, tandis que l'Académie des sports et la Commission de l'Enseignement et Beaux-Arts ont approuvé le projet de loi à l'unanimité».

D'après ces renseignements, il n'y aurait encore rien de décidé. On consultera peut-être encore l'Académie de Médecine et celle des Sciences morales. Comme c'est l'heure que marque l'horloge, qui règle la vie, l'avance de l'heure doit avoir pour conséquence que les gens se coucheront plus tôt, et se lèveront plus tôt (peut-être). L'Académie de Médecine approuvera le projet pour raison d'hygiène, car il faut vivre avec la lumière solaire. Se lever et se coucher avec elle, c'est s'assurer la santé. Ce serait le retour bienfaisant aux préceptes salutaires, de l'école de Salerne. L'Académie des sciences morales, donnera sans doute un avis favorable; elle appuiera son opinion de cette citation: «que se lever tôt assure la santé et la sainteté». Après tous ces avis, votera-t-on quelque chose ou rien du tout? Nous le saurons peut-être un jour.

P. S.--L'article était composé, lorsque la Gazette de Cologne, nous a apporté un renseignement complémentaire:

«A la proposition de loi de M. Honorat d'avancer d'une heure l'heure légale française, M. Breton, député du Cher, avait ajouté un article additionnel autorisant le Gouvernement à introduire l'heure d'été par simple décret. Cette mesure était prise, d'accord avec M. Painlevé, ministre de l'Instruction Publique; mais, le 22 avril, le Sénat, avant de s'ajourner au 18 mai, a renvoyé l'examen de la proposition à une commission. Les membres de cette commission devaient être désignés par les bureaux. Les membres nommés sont, d'après l'Humanité, hostiles à la proposition. Le 4e bureau n'a pu se réunir, les membres en faisant parti étant en vacances. Comme l'été ne commence que le 22 juin (quand le jour commence déjà à diminuer), l'heure d'été ne peut être voté pour cette date.»

Enfin, on a été étonné d'apprendre que le Gouvernement luxembourgeois n'avait pas adopté, en temps, l'heure d'été. Comme les chemins de fer, les bureaux de poste et les industries privées se règlent sur celle-ci, il en résulte, dans la vie courante, un véritable chaos. Les chambres y mettront vraisemblablement bon ordre, en décidant à bref délai, l'adoption de l'heure d'été.


Nécrologie française