La saison des cerises a été chantée par les poètes; mais, à leur dire, «Il est bien court, ce temps heureux, où l'on s'en va cueillir en rêvant des pendants d'oreilles».

Il appartient cependant à la ménagère avisée de la prolonger à sa guise, en faisant avec les fruits de corail du cerisier de nombreuses conserves.

1º La cerise se sèche comme la prune; cuite en hiver à la façon des pruneaux, elle peut les remplacer;

2º On en fait une eau-de-vie renommée. Le kirsch des collines de Saint-Brie (près d'Auxerre), sans entrer en comparaison avec celui des merises de la Forêt-Noire, ne manque pas d'amateurs;

3º Dans l'alcool des cerises on conserve la cerise elle-même. Qui n'aime pas déguster de temps en temps quelques cerises à l'eau-de-vie!

4º La cerise à l'eau-de-vie est plus agréable encore sous forme de fruit praliné ou déguisé; alors, reposant dans de mignonnes caissettes en papier, elle figure au dessert en compagnie des petits fours;

5º Par la fermentation des cerises, on fait une sorte de vin dont, à défaut du jus de la treille, bien des familles, dans les régions septentrionales, font leur boisson journalière;

6º Comme avec tous les liquides alcooliques, ce vin peut être transformé en vinaigre;

7º Le jus de cerise non fermenté, joint à une certaine proportion d'alcool, constitue un excellent ratafia. Le guignolet d'Angers a sa réputation;

8º A l'usage de ceux qui ont un peu trop abusé des vins, eaux-de-vie et liqueurs de cerise, le remède est à côté du mal. Les queues de cerises desséchées sont, en décoction, un puissant dépuratif et un diurétique analogue au chiendent;