LE PROCUREUR GÉNÉRAL FFons,

Signé: JOTTRAND.

Le cas échéant, le même avertissement pourrait être signifié chez nous.

Le principe fondamental et les mesures restrictives qu'il entraîne se justifient par le caractère absolument désintéressé de l'oeuvre de la C. R. B. Elle ne prend aucun bénéfice sur ses opérations et peut, dès lors, livrer les denrées à des prix de faveur.

Le public ne doit jamais perdre de vue que, ce qu'il y a de plus extraordinaire dans le fait de l'arrivée de ces vivres mis à sa disposition, ce n'est, ni leur origine lointaine, ni le trajet immense accompli par le blé ou le lard, à travers le continent américain et à travers l'Océan, ni les risques de guerre auxquels tous les bateaux n'échappent pas, ni le transport par canaux, de Rotterdam à Lille, ni même le nombre énorme de personnes de nationalités diverses, qui s'occupent sans relâche de conduire les denrées jusqu'au consommateur; c'est que en Amérique, en Angleterre, en Hollande, en Belgique et dans notre pays, chacun des milliers de collaborateurs attachés à l'oeuvre du ravitaillement de la France occupée, ne pense exclusivement qu'à son but humanitaire et achèvera sa tâche, les mains nettes, sans un centime de profit personnel.

En face de ce désintéressement universel, aucun Français, nous en sommes certains, ne voudra compromettre le bon renom de notre région du Nord, en spéculant sur le prix de vivres, dont chaque parcelle est due à des efforts uniquement inspirés par le dévoûment et la générosité.

Le Comité du District de Lille.


Comité Américain.--Difficultés du ravitaillement en pommes de terre

Nous avons déjà expliqué à nos lecteurs que le seul pays qui pouvait nous envoyer des pommes de terre était la Hollande et nous avons montré que l'exportation hors de ce pays n'était pas toujours aisée. Les correspondants du Comité à Bruxelles nous adressent la lettre suivante: