Les tragiques événements actuels ne permettent pas de faire un discours, mais l'Administration du Bureau de bienfaisance de Lille m'a chargé néanmoins, de saluer, une dernière fois, la dépouille de notre Directeur des travaux et de vous exprimer, en son nom, la douleur et les regrets que nous éprouvons.
Appelé à la Direction des travaux du Bureau de bienfaisance en 1896, M. Willay a rempli ses fonctions avec zèle et dévouement et aussi avec la plus scrupuleuse honnêteté, préoccupé, avant tout, de défendre parcimonieusement le patrimoine des pauvres.
Miné, depuis plusieurs mois, par une terrible maladie, il a lutté jusqu'au bout avec une tranquille énergie; la veille de son décès, il était encore à son poste, on peut dire de lui: qu'il est mort sur la brèche, comme un fidèle et stoïque soldat du devoir.
Avant de faire partie de notre Administration charitable, il fut, avec son ami Pascal, l'un des deux premiers travailleurs, appelés par leurs concitoyens, à prendre part, pendant 16 ans, aux travaux du Conseil municipal de Lille; il fit partie pendant 20 ans du Conseil des Prud'hommes, dont il présida souvent les délibérations; puis membre du Conseil supérieur du travail.
Toujours dans le but d'aider ses concitoyens, il consacrait ses loisirs aux oeuvres d'enseignement et de mutualité.
Pour reconnaître ses bons services, le Gouvernement de la République lui décerna les palmes d'Officier d'Académie et, successivement: les médailles de bronze et d'argent de la Mutualité.
Conseiller municipal, conseiller prud'hommes, mutualiste, employé d'administration, partout il apporta le concours de son bon sens et de sa droiture. En un mot, Willay fut un bon citoyen et un brave homme; tous ceux qui l'ont connu et apprécié, conserveront de lui le plus sympathique souvenir.
Au nom de l'Administration et du personnel du Bureau de bienfaisance de Lille, j'adresse à sa famille, et particulièrement à son fils, mon excellent ami, l'expression de nos condoléances attristées.