(Fin)

Au lieu de se servir d'un tonneau pour cette première fermentation, on pourrait essayer, comme en cidrerie, l'emploi d'une simple cuve en bois, ce qui permettrait un enlèvement facile des écumes du chapeau. Lorsque la fermentation est terminée, soit après environ deux mois, on bonde parfaitement et on recourt même à la cire pour obtenir une fermeture hermétique.

Soutirage et mise en bouteilles. Fin janvier ou en février, par un temps clair et serein, on procède au soutirage du vin. Cette opération a pour but de soustraire la boisson aux influences nocives des lies et de favoriser sa clarification. Pour ce travail, on peut se servir avantageusement d'un tube en caoutchouc formant siphon, en prenant la précaution de ne pas soutirer la lie. Pour cela, il importe de surveiller la longueur de la branche du siphon plongeant dans le tonneau, qui doit s'arrêter à 5-6 centimètres de la lie, afin de ne pas l'attirer. Pour plus de facilité, on peut aussi forer un trou dans le fond du tonneau à une certaine hauteur et y adapter un robinet.

Collage. Si le liquide soutiré est trouble, il faut le reverser dans un tonneau bien propre, soufré au besoin, et procéder à un collage au tannin. Par hectolitre de boisson, on délaye 10 grammes de tannin dans un peu de vin de bordeaux, que l'on déverse ensuite dans le fût; on fouette alors avec une baguette.

Mise en bouteilles. Généralement, le collage n'est pas nécessaire et on peut mettre directement en bouteilles lors du soutirage. La fermentation continue quelque peu en bouteilles et elle produit encore de l'acide carbonique. En vue d'obtenir un vin mousseux, certaines personnes ajoutent par bouteille 2 grammes de sucre. Il faut avoir soin alors de se servir de fortes champenoises et de maintenir les bouchons avec une ficelle. On prend aussi la précaution de laisser les bouteilles debout pendant quelques semaines, avant de les coucher en un lieu sec, frais et à l'abri de la lumière.

La boisson, ainsi préparée, a un goût très agréable et préférable à quantité de piquettes d'origine souvent douteuse. En temps normal, son prix de revient est avantageux, mais nous n'oserions prétendre qu'il en est de même aujourd'hui, avec la cherté générale de toutes les denrées.

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Mais les groseilles peuvent encore être utilisées, non seulement pour la préparation des confitures, mais aussi pour celle du cassis et du sirop.

Groseilles pour cassis. On prend, par exemple 2 kg. de groseilles noires, on les égrène, puis on les dépose dans un pot en grès, avec 300 grammes de framboises, 4 clous de girofle, 4 grammes de cannelle, quelques feuilles du groseillier à cassis et 4 litres de bonne eau de vie.

On bouche convenablement en ayant recours, outre le bouchon, à du parchemin préalablement mouillé.