COMITÉ AMÉRICAIN

Il est vraiment regrettable, qu'à côté des sentiments d'abnégation et de dévouement qui ont été inspirés par la situation, des gens malhonnêtes cherchent, au contraire, à l'utiliser pour spéculer et pour frauder. En Belgique comme en France, le Comité Américain fait ses efforts pour prémunir la population contre ces actes vils, en France comme en Belgique, il aura l'appui de la police et des tribunaux pour les réprimer, chaque fois que ses prescriptions auront été enfreintes.

Le Bruxellois d'un de ces derniers jours publiait l'écho suivant, que nous reproduisons sans autre commentaire.

Les détournements au préjudice du Comité de secours et d'alimentation.--Un pot aux roses découvert à Bruxelles.

M. Van Herck, officier de police de la 2e division, en faisant ses recherches au sujet des accapareurs de riz, découvrit et saisit ces jours derniers, chez un petit boutiquier du bas de la rue du Miroir, des quantités de riz, dont une partie était rachetée à des chômeurs à 2 fr. 20 le kilo, pour être revendue à 2 fr. 80. Au cours de son instruction, le fin limier découvrit, en outre, que la plus grande partie du riz sortait du magasin de ravitaillement de la rue Van Helmont: des employés emportaient du riz et venaient le revendre directement au négociant susdit de la rue du Miroir.

Les employés de ce magasin, au nombre de 11, ont tous été renvoyés et seraient, dit-on, poursuivis.

Voici comment ils opéraient: ils prenaient note des numéros des clients qui ne se présentaient pas au magasin et faisaient des fiches, qu'ils donnaient à des compères qui venaient acheter le riz.

Une visite policière, suivie de saisie, a eu lieu, mardi matin, à 8 h., rue des Visitandines, 36, chez un autre trafiquant qui, par des moyens illicites, achetait du sucre; plus de 500 k. ont été saisis et déposés au greffe correctionnel. Ces deux trafiquants du quartier ont dû, depuis la guerre, gagner beaucoup d'argent et, malgré cela, l'un d'eux allait à la soupe communale!

A propos du magasin de ravitaillement de la rue Van Helmont, c'était en celui-là qu'on avait le plus de confiance et c'était celui qui paraissait marcher avec le plus de régularité.

Il devrait être défendu aux employés de tous les magasins de ravitaillement de sortir avec des paquets, comme cela se fait aux Grands Bazars et ailleurs. Il y a certains magasins, surtout à Molenbeck-St-Jean, où il doit y avoir du coulage.