—Un éteignoir.
—Un lampion.
—Le peuple?
—Un pétard.
Chaque année, le 12 avril, anniversaire de la rentrée de Charles X à Paris en 1814, la garde nationale faisait seule le service des Tuileries et était passée en revue par le roi. Cette année (1827), le 12 tombait un jeudi saint; la revue fut donc remise au lundi de Pâques, 16 avril. Dès le matin de ce jour, des détachements de toutes les légions arrivèrent aux Tuileries pour le service exceptionnel; dans l’après-midi, le roi, suivi du Dauphin, les passa en revue. Il y eut un tel enthousiasme, on cria: Vive le roi! avec une telle unanimité, que Charles X sembla regretter de n’être pas entouré de la garde nationale tout entière.
Les gens qui entouraient le roi saisirent cette idée. Ils affirmèrent au roi qu’ils étaient en mesure de répondre des bons sentiments de toutes les légions, et, séance tenante, il fut décidé que, le dimanche 29 avril, Charles X passerait en revue toute la garde nationale de Paris, réunie au Champ de Mars.
Cette décision prise, annoncée par les journaux, ceux même qui l’avaient conseillée furent pris de doutes et de craintes. Mais il n’y avait plus à y revenir. Les ministres surtout, dont on n’avait pas pris conseil, ne cachaient pas leurs appréhensions.
Au jour dit, vingt mille hommes étaient rangés devant l’École Militaire. Les tristes prévisions des pessimistes ne furent pas réalisées, tout se passa convenablement. Peut-être y eut-il plus de cris de vive la Charte! que de cris de vive le Roi! mais, en somme, de l’avis même de Charles X, la journée fut bonne.