Mais, après la revue, un événement arriva qu’on n’avait pas prévu. Il y eut des manifestations bruyantes contre les ministres. Des bataillons entiers de gardes nationaux s’arrêtèrent devant les ministères et, là, «firent entendre les cris mille fois répétés de vive la liberté de la presse! à bas les jésuites! à bas les ministres! A ces clameurs se mêlaient aussi les cris de à bas Peyronnet! à bas Villèle!
Les ministres virent dans ces manifestations un attentat à leur dignité, ils résolurent de se venger. Ils persuadèrent au roi que la majesté de la couronne était compromise; bref, ils identifièrent si bien leurs intérêts et leur orgueil offensé avec les intérêts et la gloire de la monarchie, que, le soir même, on rédigea une ordonnance de licenciement. Tous les postes furent changés; la garde nationale était dissoute.
Il était dit que ce malheureux gouvernement marcherait de faute en faute et briserait l’un après l’autre tous ses appuis. En se privant de la garde nationale, ce corps si essentiellement modérateur, il s’ôtait, pour les jours néfastes, toute chance d’intermédiaire, tout espoir de transaction. Voilà pour l’avenir. Pour le présent, chaque citoyen se crut atteint dans sa dignité, et la garde nationale, qui avait donné à la famille régnante tant de marques de sympathie, passa en masse à l’opposition.
COUPS DE LANCETTE.
Il y a des gens qui ne veulent laisser entrer demain, au Champ-de-Mars, que les personnes qui auront un bâillon dans la bouche.
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En passant près du château de Rivoli, les tambours de la garde nationale battront la retraite.
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On assure qu’ils vont partir enfin tous les sept: ce ne sont pas des gens de revue.