Par jugement du tribunal de police correctionnelle, il est convenu que les vers d’un opéra valent quelque chose. MM. B. S. J. R. seront contents d’apprendre cette nouvelle.

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On me reproche de ne pas savoir le français, disait M. B...; eh! mon Dieu! Cicéron ne le savait pas plus que moi.

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Un vaudevilliste qui sait l’orthographe est persuadé qu’un journal a voulu faire son portrait en publiant un article intitulé: Le vin et le lait.


Dimanche, 12 août 1827.
DÉSAUGIERS.

Quand il vint, personne ne chantait plus en France; c’était partout la terreur et le silence, c’était une stupeur générale au milieu de laquelle notre gaieté s’était perdue comme tout le reste. Naguère si vif, si animé, si emporté dans ses plaisirs, le Parisien ne savait plus que trembler; et quand il entendit la voix du chansonnier créant de joyeux refrains, il recula, étonné de cet enchantement nouveau pour lui.

Car, en vérité, les chants de Désaugiers furent dès l’abord tous empreints de la franchise de son âme. Plein d’insouciance et de verve, il ne vit la vie qu’à travers un prisme couleur de rose. Poète du plaisir, il chanta comme Horace le vin, les fleurs, les femmes, l’amitié, et tous les dons que les dieux ont faits aux hommes pour leur faciliter l’existence.

Comme Horace, il s’éleva dans une époque atroce; comme lui, il servit merveilleusement la nation lorsque, de sang-froid, elle voulut revenir à son caractère primitif. Telle est la destinée des empires; après tant de bouleversements et l’interversion de la terre, il se fait que la main d’un poëte, une main faible et timide, se trouve toute-puissante pour faire avancer le char de la civilisation encombré dans des ruines.