COUPS DE LANCETTE.

MM. Vil..., Corb.... et Peyr.... ne tiennent plus qu’à un fil; c’est le sort de tous les pantins.

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Que les ministres se sauvent, et la France est sauvée.


Dans l’opinion de M. de Villèle, la brusque dissolution de la Chambre et la convocation immédiate des colléges électoraux devaient assurer la nomination des hommes présentés par le ministère et lui rendre ainsi la majorité nécessaire. L’administration avait pu dresser à loisir et d’avance toutes ses batteries; l’opposition, prise au dépourvu, ne devait pas avoir le temps de se reconnaître et de se concerter. Ce fut la dernière erreur de M. de Villèle.

Ces mesures inattendues, hautement qualifiées d’embûches indignes, irritèrent profondément le corps électoral. L’indignation fit taire les scrupules et les dissentiments. Toutes les oppositions se donnèrent la main, toutes les opinions se rallièrent contre un ministère abhorré, dont on ne voulait plus à aucun prix. Les préfets essayèrent de renouveler les fraudes et les violences de 1824; peines perdues, leurs complices mêmes les abandonnèrent et les trahirent, entraînés par l’irrésistible courant de l’opinion. On devinait la défaite avant le combat.

A Paris, les huit candidats de l’opposition furent acclamés plutôt que nommés par une immense majorité. Le ministère ne fut ni surpris ni effrayé de ce résultat, il l’avait prévu. Restaient les départements, qui pouvaient tout sauver encore, le cabinet y comptait, mais que pouvait entraîner l’exemple de la capitale. Pour avoir plus facilement raison des départements, on résolut de les frapper d’épouvante. Le spectre de la Révolution, ressource suprême des tyrannies dans l’embarras, fut tiré de la boîte aux accessoires gouvernementaux, et c’est dans le sang que tomba le ministère Villèle.

La victoire remportée à Paris par l’opposition était à peine connue, que la ville s’illumina comme par enchantement. C’était le dimanche 28 novembre 1827.

Le lendemain, lundi matin, les journaux ministériels, en enregistrant la défaite du cabinet, parlèrent en termes amers de l’allégresse publique et prédirent les plus terribles événements. «Nous allons voir la Révolution à l’œuvre,» disaient-ils. Le soir même, leurs prédictions se réalisaient.