Or, ce seigneur, nous dit une vieille chronique,
Mauvais gardien et d’humeur despotique,
Point ne sarcla, n’arrosa, n’émonda;
A droite, à gauche, en brutal il coupa;
Peu de rameaux aux arbres il laissa;
Encor, dit-on, qu’aux feuilles pâlissantes
Dont il parait leurs troncs déshonorés,
Il attacha des bêtes malfaisantes
Qui les perçaient de leurs dards acérés.
Ces bêtes-là, je crois qu’en son vieux style,
Mon écrivain les appelle censeurs.
«Ce sont, dit-il, animaux destructeurs;
Race méchante, illégale et servile;
Noirs vermisseaux, de venin saturés,
Nés de la boue et de boue entourés,
Monstres rongeant tout ce qui porte trace
De vérité, d’élégance, de grâce,
Et salissant de leur poison impur
Ce que leur dent rencontre de trop dur.»

Qu’arriva-t-il? L’homme aux méchantes bêtes
Fut renvoyé, mais renvoyé trop tard.
Un autre vint aussitôt son départ,
Ayant en main des armes toutes prêtes
Et promettant... Las! il ne donna rien;
Si n’est pourtant un fameux protocole
Qu’on applaudit et qu’on crut sur parole:
Tant son auteur avait l’air bon chrétien.
«Mes chers amis, disait-il, l’âme émue,
Plus n’ayez peur pour vos arbres chéris:
J’en prendrai soin: je vois ce qui les tue,
Ce sont ces vers... Race affreuse, péris!
Ne faut-il pas qu’à la fin tu recueilles
Le juste prix de tes noirs attentats...
Mort aux censeurs!...» Il dit, étend le bras,
Frappe un grand coup... Mais qu’advint-il?... Hélas!
Avec les vers il fit tomber les feuilles!


COUPS DE LANCETTE.

Les ministres se plaignent de la Chambre; ils eussent préféré des injures à de mauvais traitements.

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* *

Quoi qu’en ait dit avant-hier M. de Vaulchier, il vaut encore mieux mettre des effets au Mont-de-Piété qu’à la poste.


Mardi, 22 juillet 1828.
FIGARO SANS LANCETTE.

On ne l’a pas désarmé...