Pendant quelques semaines, en effet, Figaro s’abstient. Le ministère Martignac donnait alors des espérances. Mais bientôt les illusions s’évanouissent, et le barbier reprend sa lancette plus acérée que jamais.
Vendredi, 1er août 1828.
FIGARO A SES LECTEURS.
Trois jours après leur mort, les jésuites ressusciteront en la personne d’Escobar-Portalis. Qui croirait qu’en termes de droit six mois signifient quinze jours, et que ce seul délai soit accordé aux journaux pour fournir le cautionnement? C’est cependant ce qui résulte d’une ordonnance insérée avant-hier dans le Bulletin des Lois et hier dans la partie officielle du Moniteur. Figaro pourrait demander à la justice justice de la justice de M. le ministre de la justice: peut-être, ayant mille fois raison, ne lui donnerait-on pas cent fois tort; il préfère, et tous seront, je crois, de son avis, remplir les formalités dans l’espace de temps dévolu. Bien que le domaine de la politique lui soit désormais ouvert, il se bornera à graviter tant bien que mal dans son ancienne sphère, il ne changera rien à son format et aux conditions de la souscription.
Vendredi, 8 août 1828.
LE CAUTIONNEMENT VERSÉ.
LE COMTE, FIGARO.
Le comte. Tu as l’air soucieux, Figaro?
Figaro. J’ai sujet de l’être; lisez.
(Le comte lit.)
CERTIFICAT DE CAUTIONNEMENT DE JOURNAL
«Je, soussigné, maître des requêtes, directeur du contentieux des finances, remplissant les fonctions d’agent judiciaire du trésor royal, certifie que les propriétaires du journal intitulé: Figaro, publié à Paris, ont fourni dans mes mains, et en exécution de l’article 2 de la loi du 18 juillet 1828, un cautionnement de six mille francs de rente trois pour cent, inscrite au Grand-Livre de la dette publique.
«En foi de quoi j’ai délivré le présent certificat.