Cela ne peut guère s’arranger. Il fera mauvais ménage et ne prendra la Charte que pour la répudier. La malheureuse! elle a été assez maltraitée déjà par M. Decaze et par M. de Villèle; ils lui ont fait toutes sortes d’avanies, ni plus ni moins que si elle eût été roturière. M. de Polignac ira plus loin encore, il la fera reléguer au sceau des titres, comme le sultan met dans un sérail particulier la sultane Validé.

Et vous croyez que cela durera? On l’a dit à M. de Portalis, et il l’a cru, parce qu’il est facile à tout croire; on l’a dit à M. de Martignac, qui ne l’a pas cru, lui, parce qu’il est fin; mais il a duré autant que le ministère Laferronnays, il durera autant que le ministère nouveau. Dans un ministère en gnac, il est légitime; il y entrera. Qu’est-ce que cela peut lui faire? Il n’est pas compromis par ses actes; les préfets sont ceux de M. de Villèle, la loi de la presse celle de M. de Peyronnet, la censure dramatique celle de M. de Corbière; il a fait quelques promesses, il les expliquera dans le sens du pouvoir absolu; pas si franchement pourtant qu’il ne les puisse bien retourner aux idées libérales, parce qu’il voudra être aussi du ministère qui succédera à celui dont on fait honte d’avance à M. de Polignac.

Le nom du futur ministre froisse l’opinion publique; il est impossible que M. de Polignac l’ignore. Il a la conscience de cette répugnance générale; peut-être n’osera-t-il pas la braver. S’il s’y hasarde, la guerre sera chaude et courte. Bataille morbleu! bataille! Tant mieux. Garde à vous, mes amis!... Chargez vos canons; pour moi, mon escopette est bourrée. En ligne! et nous allons bien rire.


COUPS DE LANCETTE.

M. de Polignac vient de faire, dans la Chambre haute, une déclaration d’amour à la Charte. M. de Polignac est un amant discret; il y avait plus de quinze ans qu’il tenait sa passion secrète[11].

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La France espère que ses députés uniront la force à l’adresse.

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L’union annoncée de M. de Polignac avec la Charte ne passera jamais pour un mariage d’inclination.