Un préfet en activité disait, il y a quinze jours, dans le salon du ministre de la marine:—«Il n’y a qu’un mode d’élection qui convienne: c’est le système des boîtes à double fond, je l’ai toujours employé avec succès dans mon département.
Mercredi, 17 juin 1829.
LES NOMS PROSCRITS[15].
(Un village du département de l’Oise.)
LA SALLE DE LA MAIRIE.
LE MAIRE.—Que demande-t-on?... Ah! c’est vous, François Piton!
PITON.—Oui,monsieur le maire, c’est moi. Je venons avec deux jumeaux que le ciel et not’ femme nous ont donnés à ce matin, vers les cinq heures. V’là Jacques Leroux et Benoît-Floréal Durantin, qui sont les témoins pour l’enregistrement.
LE MAIRE.—Diable! bonhomme Piton, deux enfants à la fois! vous peuplez la commune; ça fait sept, je crois?
PITON.—Oh! mon Dieu, oui; et, si je n’avions pas eu le malheur d’en perdre trois, ça ferait dix.... Ah çà, monsieur le maire, si je les enregistrions, ces mioches. Pendant que je devisons ici, y jeûnent. Les enfants d’un jour, voyez-vous, sauf vot’ respect, ça aime à téter, comme vous et moi de cinquante ans j’aimons à boire la goutte. La mère les attend.
LE MAIRE.—Eh bien, Piton, enregistrons-les. (Il appelle.) Vincent, apporte-moi le registre des naissances. (Il rédige l’acte, puis il présente le livre à la signature du père et des témoins.)
DURANTIN.—Signe donc le premier, François, t’es le père; et puis, moi, il en sera bientôt fait: deux traits en croix, et v’là tout.
PITON.—Donnez la plume, monsieur le maire..... Ah! d’abord, il faut lire.