LE MAIRE.—Est-ce que vous savez lire, Piton?
PITON.—Pas trop mal, monsieur le maire; je n’ai-t’y pas été, dans les temps, caporal à la 3e du 1er du second des grenadiers à pied de la garde de l’autre. Fallait-il savoir lire pour arriver là? (Il lit tout bas.) Tiens, monsieur le maire, vous avez oublié queuque chose.
LEROUX.—Bah! M. le maire aurait oublié queuque chose; c’est ben étonnant, car y sait fièrement son état, depuis vingt ans qu’il y exerce.
PITON.—Il a oublié les noms des marmots, rien que ça.
LE MAIRE.—Je ne les ai pas oubliés, Piton, je les ai omis.
PITON.—C’est la même chose.
LE MAIRE.—Non pas.
DURANTIN.—M. le maire a raison, il les a omis, mais il ne les a pas oubliés.
LEROUX.—Oui, sans comparaison, c’est comme pour les listes de l’élection de 1827; M. le maire avait omis de les faire afficher, et il n’avait pas pu l’oublier, parce que tous les jours je lui en rafraîchissions la mémoire.
PITON.—Eh bien alors, sans trop de curiosité, pourquoi que vous avez omis les noms de mes enfants?