FICHES DE CONSOLATION.

N’être condamné qu’à dix ans de galères quand on a tout fait pour la perpétuité.

Perdre l’équilibre dans un escalier fort raide, se résigner à dégringoler six étages sur les reins et s’arrêter à l’entre-sol.

Voir un homme s’élancer sur vous, s’imaginer qu’il a un poignard dans la main, et ne recevoir qu’un soufflet.

Commander son deuil pour un oncle affligé de trois maladies et quatre médecins; total: sept. Apprendre sa résurrection miraculeuse, mais trouver l’emploi du costume, grâce à une apoplexie foudroyante qui vous enlève votre chère moitié.

Pour un gastronome convié à un énorme bifteck, s’apercevoir qu’on a perdu en précautions apéritives le temps que les amphitryons ont employé à jouer des mâchoires; mais arriver juste pour le thé avec lequel on vous sert la tartine de consolation.

Etre destitué deux mois avant les 30 ans de service qui vous donnent droit à la pension, vous croire frustré de toute espérance, et recevoir, un an après de S. Exc., une lettre fort honorable, avec une légère gratification.

Aux Français, s’attendant à voir paraître Monrose dans l’Olive, du Grondeur, apprendre qu’il est indisposé subitement, craindre que Faure le remplace, et voir paraître Armand Dailly.

Tenir d’un rapporteur officieux qu’un homme s’est glissé dans votre maison, trembler pour l’honneur conjugal, et le trouver couché avec votre fille.

D’après les chiffres d’une fausse liste de la loterie, penser qu’on n’avait pas eu un seul numéro sorti sur un terne sec, et trouver qu’il vous est sorti un ambe.