Voir le feu à votre bibliothèque, craindre que tout ne soit consumé, et sauver de l’incendie.... les œuvres de M. de Bonald.
Etre instruit de la banqueroute de votre agent de change, menacé de ne recevoir que cinq du cent, et en retirer sept et demi.
Acquérir la certitude que ce n’est pas votre meilleur ami qu’on a vu avec votre femme dans une loge grillée.
Napoléon, à Sainte-Hélène, disait en parlant des Bourbons: «Ils devaient, à leur rentrée en France, coucher dans mon lit, sans même en faire changer les draps.» C’eût été de bonne politique, en effet; ni Louis XVIII, ni Charles X ne le comprirent. Tout changer fut, au contraire, leur rêve et leur espoir. Ils croyaient pouvoir ramener la France aux beaux jours de Louis XIV, et la faire d’un seul coup, par un acte de volonté souveraine, rétrograder d’un siècle.
Sous les moindres actes de la Restauration, perce sa haine contre les hommes et les institutions de la Révolution et de l’Empire; aussi, était-ce faire sa cour et prendre le bon moyen pour arriver que d’attaquer le passé. Les petits ambitieux ne s’en firent pas faute et, la passion s’en mêlant, les efforts de la contre-révolution atteignirent les dernières limites de l’odieux et du grotesque.
L’un propose, sérieusement, d’en revenir pour les préfets, les maires, pour tous les fonctionnaires, en un mot, aux appellations en vigueur au temps de Henri IV; l’autre propose, non moins sérieusement, de supprimer la guillotine, instrument révolutionnaire et anarchique, et d’en revenir, pour le dernier supplice, au gibet, infiniment plus monarchique et, à ce titre, cher à tous les hommes religieux et dévoués à la cause royale.
Tout ceci n’est que ridicule; mais comment qualifier les persécutions de tous les jours? A la vérité, le temps des cours prévôtales était passé, on ne versait plus de sang, mais toute une génération était sacrifiée. Aux uns, on enlevait les dignités acquises; aux autres, les moyens d’existence; à tous, on fermait toutes les carrières. Les plus maltraités furent les anciens soldats de Napoléon, sans distinction de grade. On voulait épurer l’armée. Aussi, les officiers en demi-solde, qu’on retrouve mêlés à tous les complots, à toutes les conspirations, ont-ils puissamment contribué à la révolution de 1830.
COUPS DE LANCETTE.