[29] J’aurois bien voulu trouver parmi les hommes notables appartenant à la haute bourgeoisie ou à la magistrature un personnage dont la vie reproduisît les circonstances qui nous sont connues dans la vie de l’auteur; plusieurs noms se sont présentés à mon esprit: malheureusement mes espérances soutenues plus d’une fois par la découverte d’une série de similitudes, ont toujours fini par être définitivement déçues. C’est-ainsi qu’après avoir cru longtemps pouvoir présenter une conjecture raisonnable en attribuant la composition du Ménagier à Sire Jehan de Fleury dernier prévôt des marchands en 1383 et conseiller au parlement, j’ai été subitement arrêté par la découverte de la date de sa mort arrivée en 1389, avant l’époque où cet ouvrage a sûrement été écrit.—L’intimité dans laquelle le duc de Berry admettoit l’avocat Jean Jouvenel, père de l’historien, m’avoit donné aussi quelques doutes à son égard, mais, Jouvenel étant mort en 1431 ne peut guère s’être trouvé à Melun en 1358, et ce qui rend surtout impossible de lui attribuer le Ménagier, c’est que Michelle de Vitry, sa femme, avoit ses parens vivans à Paris en 1393, et n’étoit pas d’ailleurs de meilleure maison que lui.—La position de Jean le Flament, trésorier des guerres en 1371, et des aides pour la guerre de 1388 à 94, présente aussi plusieurs analogies avec celle de l’auteur du Ménagier, mais ou j’ignore le nom de sa femme, ou si c’est lui dont il est parlé comme alors décédé, dans les registres du parlement de Poitiers (plaidoy. du 30 juillet et arrêt du 17 août 1425), il avoit épousé Marie de Montgison (Montgiron dans l’arrêt), damoiselle. Or Montgison est Montgeron près de Paris, et je n’en vois pas d’autre existant dans le royaume (voir Expilly). Elle étoit donc aussi parisienne; ce qui ne concorde pas avec les paroles de l’auteur (t. I, p. 4).
[30] Il avoit lu tous les ouvrages suivans et en possédoit une grande partie: la Bible, la Légende dorée, saint Jérôme (la Vie des Pères), saint Augustin, saint Grégoire, l’Histoire sur Bible (de Pierre Le Mangeur), Tite Live, le Roman de la Rose, l’historien Josèphe, le Catholicon, le Décret (de Gratien), l’histoire de Grisélidis par Pétrarque, les sept Sages de Rome, le Songe de Scipion (par Cicéron, commenté par Macrobe), le Jeu des échecs moralisé de J. de Cessoles, le Chemin de pauvreté et de richesse de J. Bruyant, Mellibée et Prudence. On trouve encore dans son livre la mention du philosophe Cerxès, de Paul Diacre et du philosophe Bertran le Viel; mais il les cite d’après d’autres auteurs. Le premier de ces ouvrages n’a peut-être jamais existé.
[31] Au moins dans sa famille. Voir t. I, p. 156.
[32] Voir surtout t. II, p. 53.
[33] T. I, p. 75 et 76.
[34] Je l’ai trouvé mentionné avec cette qualité depuis que j’ai fait la note sur lui, t. II, p. 116: Voir les corrections et additions.
[35] Dans les registres du conseil surtout, quand la cour compensoit les dépens.
[36] On en verra la preuve dans l’histoire de Jeanne Hemery et de Regnault d’Azincourt, publiée par M. de Lincy dans la bibliothèque de l’École des Chartes (2e S., t. III, p. 316). On en peut dire autant de certains accords; tel est celui de Jean de Hautecourt, donné t. II, p. 119.
[37] T. I, p. 135.
[38] T. I, p. 44.