Page 71, note sur les jeux.
Suivant l’auteur d’un article fort intéressant et bien fait, inséré dans le Magasin pittoresque de février 1847, p. 67, sur un volume très-rare (intitulé: les trente-six Tableaux contenant tous les jeux qui se peurent jamais inventer... Paris, Nicolas Prévost, 1589, in-4º oblong, aujourd’hui en ma possession), le jeu de pince-mérille étoit analogue à celui de Je te pince sans rire. On pinçoit le bras en disant: Mérille ou Morille. La partie de l’estampe du volume original qui me paroît représenter le jeu de pince-mérille, est ainsi composée: trois jeunes filles sont assises: un garçon les regarde, et penché vers elles, a la main gauche sur leurs genoux ou au moins tout près. Sa main droite est étendue comme pour repousser ou éloigner quelqu’un. Il tourne le dos à un cinquième joueur placé à distance, qui, le poing gauche sur la hanche et la main droite en avant, montre un ou plusieurs doigts, comme pour indiquer un nombre aux jeunes filles.
Tome I, page 76, Item l’en dit aussi que les roynes.... jamais ne baiseront hommes.
Cependant la noblesse, qui s’est en général toujours rapprochée le plus possible des mœurs de la cour, avoit des principes tout différens. En 1395, Jeanne de Champflory, femme de Pierre de Couveignon, écuyer, plaidant contre son mari, dont elle étoit séparée de fait, disoit qu’il étoit devenu jaloux d’elle, pour ce que, par manière des nobles, elle baisoit ses parens (Plaid. civiles, X, 500 et 604, vº). Henri Estienne cite encore, dans son Apologie pour Hérodote (1735, I, 81), un passage des sermons de Menot, relatif au même usage: «Si madamoiselle, dit-il, est en l’église, et arrive quelque gentillastre, il faut (pour entretenir les coustumes de noblesse), encore que ce soit à l’heure qu’on est en la plus grande{v. 1, p.lxxviii} dévotion, qu’elle se lève parmi tout le peuple, et qu’elle le baise bec à bec. Ad omnes diabolos talis modus faciendi!» Cette mode ne fut cependant pas toujours universelle. Sauval raconte (II, 465), qu’une dame de Blois, faisant hommage d’un fief, refusa de baiser son suzerain à la bouche, comme c’étoit la coutume entre le seigneur et le vassal. Il en résulta un procès que le suzerain perdit, et il fut décidé que l’hommage étoit valable.
Tome I, page 131, ligne 1, au lieu de serait, lisez seroit.
Page 137, note sur Gilles Labat.
Gilles Labat est dit procureur général au parlement dans les lettres de rémission qu’il obtint en 1383: j’ai remarqué, t. II, p. 104, qu’il ne pouvoit avoir eu cette qualité et qu’il n’étoit très-probablement alors que procureur au parlement, comme il l’étoit encore en 1385 (et en 1397). Je crois pouvoir expliquer maintenant comment Gilles Labat, qui n’étoit évidemment que procureur au parlement, est qualifié de procureur général dans un acte émané de la chancellerie, et qu’il est difficile de supposer fautif. Autrefois le mot procureur signifioit simplement fondé de pouvoirs, et on trouve à chaque instant des gens de toutes qualités comparoissant, signant, etc., comme procureurs de leurs amis. La qualité de général ajouté au mot procureur signifioit, dans certains cas, que le mandataire étoit chargé de toutes les affaires du mandant; mais elle pouvoit signifier aussi, quand elle s’appliquoit à un procureur au parlement ou au Châtelet, qu’il étoit par état et non par occasion procureur ou mandataire en général. Cette assertion me paroît justifiée par le passage suivant d’une plaidoirie de 1394, qui s’applique, il est vrai, aux procureurs au Châtelet, mais qui permet de supposer que les procureurs au parlement, placés dans une position supérieure, pouvoient bien aussi recevoir, dans quelques occasions, l’épithète de général. Leur nombre étant d’ailleurs illimité, on conçoit que cette épithète leur ait été encore plus utile qu’aux procureurs au Châtelet (limités à quarante), pour se distinguer des procureurs ou mandataires spéciaux:
«Toutes les cours qui ressortissent (au Châtelet) se gouvernent selon le stille de chastelet, et pour ce les procureurs qui sont procureurs générals léans, qui ne font que fait de procuration devant le prévost, sont advocas ès cours subjetes... En 1378 ou environ, en Chastelet n’avoit point de nombre (limité) de procureurs{v. 1, p.lxxix}, et pour ce que plusieurs inconvéniens s’ensuivoient pour la multiplication, par le roy fu ordené qu’il n’y aroit en Chastelet que quarante procureurs généraulx. Ce fit messire Hugues Aubriot, et a duré quinze ans.»
Au reste, les procureurs au Châtelet et au Parlement étoient plus habituellement dits procureurs que procureurs généraux (voir ci-après remarque sur la page 116, nº 3). Le procureur général est ordinairement nommé le procureur général du Roi, et, le plus souvent, le procureur du Roi.
Page 140, note sur le bailli de Tournay, au lieu de Il est assez difficile, etc., lisez: