[1284] L’hôtel Saint-Paul, rue Saint-Antoine, à Paris. Voy. sur les volières de cet hôtel et le goût de Charles V pour les oiseaux, Sauval, II, 282.

[1285] C’est le célèbre prévôt de Paris. Il est fait allusion à son goût pour les oiseaux dans une curieuse chanson faite contre lui au moment de sa disgrâce et publiée pour la première fois dans l’édition des Chroniques de Saint-Denis, donnée par M. Paulin Paris (T. VI, p. 478).

Courroucié es de tes oiseaux
Qu’oïr ne pues chanter en caige,
Mais bien pues faire les appeaulx
Pour chanter en ton geolaige.

Mais où étoit placée cette volière si remarquée au XIVe siècle? Étoit-ce dans cette maison de plaisir avec jardin qu’Aubriot auroit eue près des Célestins suivant Sauval? (II, 154.) Mais il semble peu probable, attendu l’extrême proximité des deux emplacemens, que ce jardin, dont Aubriot jouissoit en 1366 ou 1368 (S. III, 126) soit resté sa propriété en même temps que sa maison d’habitation ordinaire aussi avec jardin. C’est là qu’étoit bien plutôt placée la volière dont parle l’auteur du Ménagier. Ce dernier hôtel est désigné seulement, dans les registres du Parlement, comme situé près l’église Saint-Paul et dans la censive de l’abbé de Tiron, et il y est dit qu’Aubriot l’avoit acheté de Jacques de Pacy et ses frères, mais c’est bien encore le même que celui dont il est parlé dans Félibien (T. I, p. 661), et qui est dit avoir été donné à Aubriot par Charles V. Aubriot l’acheta bien effectivement, mais le Roi le paya, on du moins donna en 1369 quinze cents francs d’or à son prévôt, afin qu’il l’achetât et vint demeurer plus près de lui (Sauval, II, 154). Cette apparente différence d’origine (je crois avoir démontré qu’elle n’est qu’apparente) ne pourroit en outre prévaloir contre la coïncidence des limites assignées à cet hôtel par Félibien (entre la rue de Jouy et la rue Percée) et celles de la censive de l’abbé de Tiron. En effet, parmi les localités soumises à cette censive, la plus rapprochée de l’église Saint-Paul étoit précisément placée entre la rue Percée, la rue de Jouy (dite postérieurement à 1543, des Prêtres Saint-Paul, et Charlemagne depuis quelques mois, par suite de l’incompréhensible et odieuse persistance de l’édilité parisienne à anéantir les anciens noms des rues), diverses propriétés ayant leur façade sur la rue Saint-Antoine, et les anciens murs de Paris (Atlas des plans de la censive de l’Archevêché, f. 43.—Archives du roy. Seine, nº 64). Pierre de Giac, chancelier de France, grand accapareur de biens, se disposoit à acheter cet hôtel en février 1383-4, et se fit alors donner par le Roi, pour douze deniers de cens annuel, les anciens murs de Paris, avec les deux tours y comprises, auxquels joignoit le jardin. Giac le vendit en 1397 au duc d’Orléans pour 8,000 livres et deux autres maisons (Champollion, II, 11). Cet hôtel fut alors connu sous le nom du Porc-Épic, sans doute à cause de l’ordre de ce nom institué par le duc d’Orléans, et dont l’insigne devoit figurer sur la porte, les vitraux, etc. On peut voir dans les d’Orléans de M. Aimé Champollion (II, 13) des détails bien curieux sur les vitraux de cette maison. En 1404, le duc de Berry l’ayant reçue du duc d’Orléans en échange de l’hôtel des Tournelles, la donna au célèbre et malheureux Jean de Montaigu (Sauval, II, 153). Après sa mort arrivée le 17 octobre 1409, le roi (ou plutôt le duc de Bourgogne usant du pouvoir royal), donna l’hôtel du Porc-Épic à Guillaume duc de Hollande et comte de Hainaut (Sauval, II, 81). Il en jouissoit en 1413 et 1417 (S. III, 281). En octobre 1418, après la surprise de Paris par les Bourguignons, une nouvelle donation en fut faite au duc et à la duchesse de Brabant, gendre et fille du duc Guillaume (J. reg. 170, n. 207). Je n’ai pas vu qu’il ait été rendu au fils de Jean de Montaigu comme le furent ses autres biens, mais il ne pouvoit appartenir au duc de Hollande en 1438, comme on pourroit le croire d’après un compte de cette année donné par Sauval (III, 655.—Le duc de Bourgogne étoit alors seul duc de Hollande). Cet hôtel appartint ensuite à l’illustre Arthur de Richemont connétable de France, dont la femme, Marguerite de Bourgogne, y mourut en 1441 (Sauval, II, 146). Il passa ensuite à Robert d’Estouteville, prévôt de Paris (mort en 1479), qui payoit les douze deniers de cens pour les murs en 1472 et 1476 (S. III, 403 et 425. Il avoit toutefois une autre maison à sa vie, rue de Galilée.—Ib., 338). C’est sans doute à cause de Robert d’Estouteville, et peut-être de son fils Jacques, prévôt de Paris après lui de 1479 à 1509, qui a pu posséder le même hôtel, que cet hôtel fut alors appelé et est désigné sur le plan de tapisserie (commencement du XVIe siècle), sous le titre d’Hostel du Prévost de Paris. Sauval dit bien qu’il appartenoit en 1533 à leur cousin Jean d’Estouteville, aussi prévôt de Paris, mais il n’en donne pas de preuve. Il n’en donne pas non plus au sujet de l’attribution qu’il fait (II, 152) de ce même hôtel à l’amiral de Graville, mais cela est très-probable. On sait en effet que l’amiral de Graville, petit-fils de la fille de Jean de Montaigu, jouit de tous ses biens, et l’on voit en outre dans Sauval (III, 629) que Pierre de Balsac son gendre, et Anne de Graville sa fille, cette femme célèbre comme poëte et comme bibliophile (voy. les Femmes célèbres de l’ancienne France, par M. de Lincy) avoient payé les douze deniers de cens pour les vieux murs de la ville, et par conséquent très-probablement possédé et habité cet hôtel. Ils en avoient transporté la jouissance à Guillaume le Gentilhomme, avocat en parlement, qui payoit le cens en 1573. Si Sauval ne s’est pas trompé quand il a dit (II, 152) que cet hôtel appartenoit en 1533 aux héritiers de l’amiral de Graville et à Jean d’Estouteville prévôt de Paris, il y auroit lieu de croire qu’il avoit alors été divisé. Aujourd’hui, si l’on entre dans le Passage Charlemagne (rue Saint-Antoine, nº 102, et rue des Prêtres-Saint-Paul, nº 22), on arrive après avoir fait quelques pas dans une cour spacieuse, et l’on voit une belle maison bâtie (suivant toute apparence, par l’amiral de Graville) sur l’emplacement de l’hôtel du Porc-Épic. On y remarque une charmante tourelle, mais l’ensemble de cette élégante construction est défiguré par l’adjonction d’une quantité de replâtrages modernes. L’hôtel d’Aubriot, auquel succéda celui-ci, occupoit tout le coin de la rue des Prêtres Saint-Paul (depuis une poterne ouverte dans les vieux murs) et de la rue Percée, à peu près jusqu’à l’emplacement actuel du nº 8 de cette rue, où devoit finir la censive de Tiron (en 1418, jusqu’à l’hôtel de Galeran de Montigny, chevalier, de la maison du duc de Berry, massacré lors de l’entrée des Bourguignons). Son jardin, compris aujourd’hui en partie dans le collége Charlemagne (d’abord maison professe des jésuites), s’étendoit jusqu’aux anciens murs et les suivoit jusqu’à la rue Saint-Antoine, à la hauteur environ de la rue Culture Sainte-Catherine.

[1286] C’est sans doute le nom d’un bourgeois de Paris, mais je ne connois rien sur ce nom.

[1287] Var. B, sont.

[1288] Dans le cas où les oiseaux ne couvent pas, comme cela étoit pour les volières du Roi et d’Aubriot.

[1289] Nourris.

[1290] Au moins de l’eau trop rarement renouvellée.

[1291] Dans le cas où les oiseaux couvent, etc., comme cela avoit lieu dans la volière de Charlot.