45.—LA CROIX D'ARGENT.
Une pauvre enfant du nom de Jane, errait un soir d'hiver dans les rues de Londres par un froid glacial. Sans asile, sans pain, elle ne savait où porter ses pas, car son père et sa mère étaient morts, laissant l'infortunée dans la plus cruelle détresse. Tout à coup elle voit briller un morceau de métal entre deux pavés de la rue; elle le ramasse: c'était un petit crucifix en argent. «Je vais aller le vendre, se dit Jane; avec ce qu'on m'en donnera, j'achèterai un peu de pain.»
Vite elle chercha une boutique d'orfèvre, et, au coin d'une rue, elle en vit une, petite et faiblement éclairée. Jane entra. Une femme était assise au comptoir, vêtue de deuil; elle avait une figure d'une expression pure et pieuse; elle leva sur la pauvre fille un bon regard, et lui dit d'une voix douce:
«Que désirez-vous?
—Voulez-vous acheter ceci?» répondit brusquement Jane, en tendant le crucifix.
La femme le prit avec respect, et jetant un coup d'oeil sur Jane, dont la figure malheureuse et sauvage ressortait sur ses vêtements délabrés, elle lui dit:
«Ma fille, nous achetons les objets d'or et d'argent; mais, dites-moi, savez-vous ce qu'est ceci?
—C'est de l'argent, je le sais bien!