Comme gallathee respont a la vieille indifferentement disant que amours d'une part la contraint d'aymer pamphille et que honte de l'autre la retarde.

Me premit igniferis venus improba sepius armis
Hunc michi vim faciens semper amare jubet

Venus par armes tresardantes
Igniferes et abrasantes
Souvent me foulle et admonneste
De me mettre au renc des amantes
Et me dit en chansons plaisantes
Qu'il n'y aura que chose honneste
Le tourment que j'ay en la teste
Par sa grande et cruelle force
Tousjours me contraint et efforce
D'aymer celuy qui me demande
Et reallement me commande
Par son commandement royal
Que je l'ayme puis qu'il me mande
Qu'il m'ayme tant de cueur loyal.

Me jubet pudor/ et metus esse pudicam
Hiis que econtra meum nescio consilium.

D'autre part je ne l'ose faire
Honte me commande au contraire
Et de l'accorder me retarde
Je ne sçay auquel doy complaire
Je ne sçay conseil ne affaire
En ces choses quant g'y regarde
Amour me meut/ honte me garde
L'ung me appelle l'autre me tient
Et ne sçay auquel appartient
Que obeissance doyve rendre
L'ung dit que je doy entreprendre
En amours ceste hardiesse
L'autre apres me le vient deffendre
Et commande que je le laisse

Comment la vieille respont a gallathee et lui dit que elle ne doit point avoir crainte.

Sit timor ipse procul hic non est causa timoris
Hiis rebus nunquam proditor ullus erit

Rejette ceste crainte au loing
Pour cella ne te fault point faindre
En ce cas il n'y a besoing
Ne quelque matiere de craindre
Se venus t'a voulu attaindre
De son feu doulx et gratieux
Pour quoy le vouldrois tu destaindre
Par la crainte des envieux
Oultre plus le cas de vous deux
Sera secret celuy ne celle
Ne sera et eust il mil yeulx
Qui en saiche aucune nouvelle

Ut tuus existat hoc tantum pamphilus optat
Nititur omnis ad hoc cura daborque suus

Pamphille ne desire rien
En ce monde tant seullement
Fors que de ta grace il soit tien
C'est prie honnourablement
Tout son labeur entierement
A ceste fin tent et sa cure
Considere que largement
Des douleurs pour toy il endure