Louis Riel, le héros, le martyr de la nation métisse, va contempler pour la dernière fois la lumière du jour, rendre son âme au Créateur et livrer son corps au bourreau qui le guette depuis de longs mois.
Le messager qui apportait l'ordre du gouverneur-général pour l'exécution est arrivé à huit heures du soir.
Cette fois, tout est bien fini.
Riel a reçu la nouvelle, à neuf heures du soir, dans sa cellule.
Cette nouvelle lui a été donnée par le shérif Chapleau. La scène a été émouvante et héroïque.
La cellule du fameux chef est immédiatement adjacente à la salle des gardes qui font la patrouille pendant la nuit. Cinquante gardes occupent cette salle.
A la porte de fer qui ferme la cellule, on voyait une sentinelle armée montant la garde; et à l'extérieur de l'édifice un cordon de soldats sous les armes, faisant la ronde autour du bâtiment.
La porte s'ouvrit à l'arrivée du shérif Chapleau et du commandant de la police à cheval.
Riel qui, jusque là, avait conversé avec le médecin du poste, se leva et souhaita la bienvenue au shérif, d'une façon tout-à-fait cordiale et avec aisance.
Les inflexions de sa voix n'indiquaient aucun signe d'excitation; son premier bonjour fut: «Eh bien, comme cela, vous venez avec la grande nouvelle! J'en suis bien aise.»