Tout le monde sentit que la race canadienne-française avait reçu une blessure et une insulte!

Toutes les maisons se couvrirent d'insignes de deuil.

Tous les partis abdiquèrent et se confondirent dans la douleur commune.

Il n'y eut plus ni bleus ni rouges.

Il n'y eut plus que des patriotes, prêts à s'unir, pour demander compte du crime commis et pour défendre la patrie menacée.

Mais ce qui est remarquable encore: ce qui est de nature à inspirer une légitime confiance dans les destinées à venir du Canada-français, tout le monde comprit à la fois qu'il ne s'agissait pas de se livrer à de vaines démonstrations, et qu'un grand devoir s'imposait.

Il n'y eut qu'un seul cri qui sortit de toutes les poitrines:

FAIRE JUSTICE DES ENNEMIS ET DES TRAITRES!

Hélas! oui! Faire justice des ennemis et des traîtres!

Car nous n'avons pas seulement été frappés, nous avons été trahis!