L'heure n'est pas encore venue de retracer l'histoire des journées qui ont suivi la mort du martyr canadien.

Cette histoire se continue.

Elle ne sera achevée que le lendemain de la vengeance.

Que dirions-nous d'ailleurs, que tout le monde ne sût?...

L'effarement de tout un peuple, en apprenant que l'échafaud politique se dressait à Regina!

La stupeur, la consternation, l'anxiété, un reste d'espérance survivant jusqu'au dernier moment au fond des coeurs!

Puis le deuil de la nation!

Il n'y eut pas un mot d'ordre, pas une réunion, pas une intrigue.

Ce fut une explosion spontanée de douleur et de colère.

D'un bout à l'autre du Canada-français,--avant que personne eut seulement songé à se concerter,--le télégramme qui apporta la fatale nouvelle fut reçu de la même manière. Chose merveilleuse! On vit tous les coeurs vibrer à l'unisson!