Avant de le reprendre.—«Madame n’a pas encore repris son jour.»

Quand une personne vient en dehors du «jour», il ne faut pas lui désigner le jour de Madame, à moins qu’il ne soit demandé; cette personne a peut-être des raisons pour venir à ce moment-là et il ne serait pas poli de lui faire remarquer qu’elle commet une erreur. Mais si on vous demande: «Madame a-t-elle un jour? ou quel est le jour de Madame?» On répond: «Madame reçoit tel jour,» en désignant lequel.

Manière de recevoir en dehors du «jour» ou si Madame n’a pas de «jour».

Il ne faut jamais aller ouvrir sans être dans une tenue convenable, si vous n’avez pas la livrée et que la sonnette vous surprenne occupé à un ouvrage qui ait nécessité l’abandon de la veste, ayez toujours sous la main la veste ou un tablier bien blanc et enfilez rapidement l’une ou l’autre, avant d’aller ouvrir.—Vous ouvrez comme nous l’avons dit précédemment, vous attendez immobile et sans rien dire que l’on vous fasse la question: «Madame est-elle chez elle?» Si Madame est chez elle et qu’elle reçoive, vous répondez simplement: «Oui Monsieur, ou oui Madame,»’et vous procédez pour introduire au salon de la même façon qu’au jour.—Dans le cas où Madame n’est pas au salon, après y avoir introduit le visiteur et lui avoir demandé son nom si vous ne le connaissez pas, vous allez avertir Madame là où elle est, en lui disant: «Monsieur X. ou Madame X. est au salon,» en lui nommant la personne qui l’attend.—Si la visite vient au moment de la nuit et que le salon ne soit pas éclairé, la première chose à faire en introduisant la visite c’est d’allumer, après quoi, vous allez prévenir Madame de la manière indiquée plus haut.

Madame étant chez elle, ne veut pas ou ne peut pas recevoir.—Aux personnes qui viennent vous répondez: «Madame est sortie.» Ce n’est pas un mensonge, c’est une formule polie; il serait grossier de dire: «Madame est là, mais elle ne veut pas recevoir.» Il faut remarquer qu’il y a une différence entre, Madame est sortie et Madame est absente; sortie, indique que Madame est allée faire des visites, des courses, une promenade; absente, veut dire que Madame n’est plus dans la ville, qu’elle ne rentrera pas de la journée ou de quelque temps; il ne faut donc pas employer indifféremment l’un ou l’autre de ces deux termes.

Parmi les personnes qui viennent on devra discerner celles que Madame peut recevoir dans sa chambre ou pas habillée: parents, amis intimes, et celles-là, à moins d’ordres très précis, on les fait toujours entrer; tandis que les personnes que Madame ne peut recevoir qu’au salon et en toilette, si Madame n’est pas en état de les recevoir ainsi, on dit: «Madame est sortie.»

Quand une personne se présente le matin ou avant deux heures, ce n’est pas ordinairement pour faire une visite, mais parce qu’elle tient absolument à trouver Madame; donc si Madame est chez elle, on fait entrer au salon, on demande le nom et on dit: «Je vais voir si Madame peut recevoir.» Vous allez prévenir Madame et lui dites le nom de la personne qui la demande, puis vous retournez au salon rendre la réponse: «Madame prie Monsieur, ou Madame, d’attendre un moment, ou Madame vient tout de suite.»—Là encore il faut savoir discerner à qui on a affaire; pour un fournisseur, une modiste, une couturière, un commis-voyageur qui offre des marchandises, des demandes de charité, etc., on ne doit pas faire entrer au salon, on prie d’attendre dans l’antichambre et on demande: «Pour qui dois-je prévenir Madame?» On agit ensuite selon les ordres qui sont donnés.

En général, il ne faut faire entrer au salon, en dehors de l’heure des visites, que des personnes connues, car il pourrait se faire que ce fût un escroc, lequel profiterait du moment où vous allez prévenir Madame, pour mettre dans sa poche des bibelots de valeur.

En cas de maladie longue d’une personne de la maison, il faut savoir donner des nouvelles précises aux personnes qui viennent en demander, on devra donc s’informer auprès des maîtres du bulletin du jour et le donner, simplement, sans commentaires.

Il faut être bien exact à remettre les cartes des personnes qui sont venues ou à dire leur nom si elles n’en ont pas laissé.—Transmettre fidèlement ce qu’on a pu vous dire, car ce n’est pas à vous, ni pour vous que la chose a été dite, mais pour qu’elle soit répétée à vos maîtres; enfin s’acquitter le plus promptement possible de toutes les commissions afin de ne pas courir le risque de les oublier; quand vous êtes chargé de porter un paquet au chemin de fer, à la poste; de payer une facture, dès la chose faite, remettre reçus ou monnaie et rendre compte de votre mission.