—Le sel détaché de la mine ne doit pas avoir besoin de grandes préparations? demanda Hélène.

—Non, certes. Les ouvriers taillent au ciseau des blocs de différentes grosseurs. Ces blocs, à peine séparés de la muraille, sont ensuite transportés au dehors de la mine. On les pulvérise, et on les vend sans autre préparation, lorsque le sel est très pur.

La famille Rinval quitta la saline, vivement intéressée par ce qu'elle avait vu et par les détails qui lui avaient été donnés.

—Il est cependant encore un système d'exploitation du sel que nous ne connaissons pas! fit Lucien tout à coup.

—Lequel? demanda Hélène.

—Les marais salants.

—Qu'appelle-t-on ainsi? demanda Paul.

—On désigne sous le nom de marais salants de vastes bassins ou réservoirs creusés sur le bord de la mer, et dans lesquels les eaux salées sont soumises à l'évaporation pendant la saison chaude, dit M. Rinval.

—Sans aucune espèce d'appareil ou de machine, n'est-ce pas? demanda Hélène.

—Sans appareil et sans machine. C'est ce qu'on appelle l'évaporation spontanée. Les eaux arrêtées dans ces bassins laissent, après leur disparition, le sel qu'elles contenaient.