Tout le monde éclata de rire à cette boutade.

Le lendemain, nos voyageurs allèrent visiter la vaste saline qui occupe le centre de la ville.

Un contremaître obligeant leur montra tous les détails des travaux, et notamment les réservoirs où l'eau salée des sources, amenée par l'action des pompes, subit une première évaporation. Il leur raconta que trois trous de sonde, commencés en 1845 et terminés en 1849, avaient d'abord atteint le terrain salifère à 223 mètres et avaient été poussés depuis jusqu'à 265 mètres. Chacun d'eux fournit par jour 500 hectolitres de sel.

La moitié des eaux est dirigée par un conduit en fonte de 17 kilomètres de longueur sur la saline d'Arc, dans le département du Doubs, tandis que l'autre moitié, élevée par le même mécanisme hydraulique, va remplir les réservoirs, d'où elle se rend aux chaudières à évaporation.

—Ces salines ne servent-elles pas aussi à l'alimentation d'un établissement de bains? demanda M. Rinval.

La fabrication des pièces d'horlogerie, dans une ferme.

—Si, monsieur. Et la piscine ne contient pas moins de 86,000 litres d'eau. Les eaux de Salins sont limpides, incolores et généralement inodores; elles ont une saveur plus ou moins salée, suivant les sources. Après les grandes pluies, cette saveur est plus forte. On les emploie en bains et en douches; elles peuvent être supportées en boisson par la plupart des malades.

—N'y a-t-il pas aussi des mines de sel? demanda Paul.

—Si vraiment; on rencontre le sel dans la terre, comme la houille et les différents métaux. Nous avons des mines de sel dans le Jura même, à Montmorot et à Grozon. Le produit des mines de Montmorot est même plus important que celui de notre ville. La production annuelle y est, en effet, de plus de 90,000 quintaux par an.