Quand la galée renferme un nombre suffisant de lignes, on lie fortement les caractères au moyen d'une ficelle et l'on en forme un paquet.
On tire des épreuves de ces paquets, pour les soumettre à la lecture du correcteur. Ces épreuves se tirent parfois sur une presse; parfois aussi, on se contente de frapper au moyen d'une brosse la feuille de papier qui a été appliquée sur le paquet encré; on obtient ainsi une épreuve suffisamment lisible. Le correcteur relève les erreurs de composition en marge de l'épreuve, au moyen de signes particuliers appelés signes de correction.
Presse Marinoni.
Après la correction des paquets, la composition est remise au metteur en pages, lequel la répartit en pages d'une longueur égale, place les folios, dispose les titres des chapitres, les notes, etc. Lorsqu'il a ainsi préparé le nombre des pages que doit contenir la feuille de papier, il procède à l'imposition.
Cette partie du travail consiste à disposer dans des cadres en métal appelés formes, les pages composant une feuille, de telle façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent dans leur ordre numérique. L'imposition, vous le comprenez, diffère selon les formats adoptés.
Lorsque toutes les corrections sont terminées, les formes sont portées aux presses, où s'effectue le tirage. Allons voir ce qu'elles y deviennent.»
Les visiteurs descendirent à l'étage inférieur, où étaient installées les presses. Ils s'arrêtèrent d'abord devant la presse à bras, qui fut longtemps la seule employée, et dont on ne se sert plus guère, dans les grandes imprimeries, que pour le tirage des épreuves, ou pour quelques travaux demandant une grande délicatesse.
«Voyez, dit leur guide; l'ouvrier imprimeur va tirer une feuille nouvelle; son aide encre un rouleau et le promène sur les formes installées sur la presse; l'imprimeur a déjà placé une feuille de papier dans un cadre en papier qu'on nomme frisquette; il rabat ce cadre, replie le tympan, espèce de tablier mobile, et, au moyen d'une manivelle, fait passer le train sous la presse; il serre au moyen d'un levier, fait ressortir le train, relève le tympan et la frisquette, et enlève la feuille imprimée. La voici», ajouta-t-il, en la prenant des mains de l'ouvrier.
Hélène, Lucien et Paul examinèrent curieusement la feuille qui venait d'être ainsi imprimée sous leurs yeux. Le petit garçon, émerveillé, battit même des mains.