Les spectateurs se disputèrent aussi le drap noir qui recouvrait la potence. Quant au somptueux véhicule qui avait transporté le comte Ferrers à Tyburn, il fut acheté par un carrossier d'Acton.
CINQUIÈME PARTIE
LA GUILLOTINE
I.
Son histoire.
Le Corsaire a publié, sous la signature de M. Deguin, les détails suivants sur l'origine de la guillotine:
«C'est le 25 avril 1792 qu'on vit fonctionner pour la première fois, à Paris, une machine étrange destinée à couper des têtes.
«À cet effet, une foule immense de curieux se pressait sur la place de Grève. Qui allait-on exécuter? Un assassin vulgaire.
«Tout à coup un grand silence se fit... le couteau meurtrier glissa dans les rainures de la fatale machine, et une tête tomba.
«Sainte Guillotine, vierge! selon l'expression de l'Almanach des Aristocrates de 1791, venait d'exécuter son œuvre. On pouvait bien encore l'appeler sainte, mais pour vierge! elle ne l'était plus.
«De ce moment, la guillotine eut son droit de cité dans la grande capitale.
«Le malheureux qui venait ainsi de passer de vie à trépas se nommait Jacques-Nicolas Pelletier, et avait été condamné à la peine de mort par le tribunal criminel du département de Paris, tribunal nouvellement institué, pour vols et assassinats sur les grands chemins.