«Après l'exécution, la foule se retira beaucoup moins impressionnée que surprise.
«Comme, à cette époque, beaucoup s'imaginaient que la nouvelle machine des hautes-œuvres avait été inventée par le docteur Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine, qui n'avait fait que la perfectionner, quelques-uns la nommèrent Louison, d'autres Petite Louisette; la Mirabelle n'est qu'un surnom qui lui fut donné momentanément par les Actes des Apôtres, qui, par dérision sans doute, voulait en faire «la femme de Mirabeau.» Mais son premier nom prévalant, on ne tarda pas de la nommer du nom qu'elle a encore aujourd'hui, guillotine.
—Pourquoi? se sont demandé et se demandent encore beaucoup de personnes.
«Par une raison très-simple, c'est que ce nom lui a déjà appartenu.
«Examinons les dates.
«C'est par l'Assemblée législative que l'Académie de médecine fut chargée de faire un rapport sur la question des hautes-œuvres. À quelle époque celle-ci présenta-t-elle son rapport, signé du docteur Louis?
—Le 7 mars 1792.
«À quelle époque l'Assemblée sanctionna-t-elle les conclusions de ce rapport?
«—Le 20 du même mois.
«Or, dès le mois de novembre 1789, on chantait dans les rues de Paris, sur l'air du menuet d'Exaudet, cette chanson: Les Défenseurs de la noblesse, insérée dans les Actes des Apôtres.