Les marchandises, le bétail, les produits de l'agriculture seraient transportés également pour le tiers du prix des présens tarifs.
Nous indiquons ensuite quelques-uns des bons résultats que les modifications produiraient:
- 1º Un puissant stimulant au commerce et à l'industrie, en réduisant les frais de transport des deux tiers.
- 2º Réduction dans le prix des objets de première nécessité.
- 3º Le public serait dégrevé de 3,000,000 liv.[87] de taxes directes sans compter ce qu'on prélève sur lui en taxes indirectes.
- 4º Le gouvernement, alors seulement, aurait le moyen de mettre complètement à exécution le plan de réforme sur les postes de M. Rowland Hill, parce que le transport des malles serait franc de droit.
- 5º Les bienfaits qu'en retireraient les classes pauvres, et l'économie qui résulterait pour les paroisses du transport de leurs pauvres gratis.
- 6º L'Etat n'aurait plus à payer pour le transport des troupes, du matériel de la guerre et de la marine, de l'argent, etc.
- 7º Le bien qui en résulterait pour toutes les classes, riches et pauvres, de pouvoir, pour leur santé, leurs affaires ou leurs plaisirs, jouir des avantages qu'une libre communication de tous les points du pays entre eux peut procurer.
Des documens statistiques établissent ensuite les résultats de la mesure sous le point de vue parement financier.
Les comptes de deux chemins de fer (de Glasgow à Greenock, et de Dublin à Kingstown), dont les propriétaires ont adopté un tarif très abaissé, nous montrent que l'augmentation des passagers a plus que balancé la réduction du tarif.
Le chemin de fer de Glasgow à Greenock a 22½ milles[88] d'étendue; l'année dernière, il a abaissé son tarif de ⅔, ou, ce qui revient au même, les voyageurs purent parcourir cette distance pour le tiers du plus bas prix précédemment exigé. Le résultat fut qu'en peu de semaines le nombre des voyageurs s'éleva de 12,000 à 33,000, et la compagnie gagna beaucoup à cette mesure. Le prix pour tout le parcours n'est que de 6 d.[89].
Les résultats du système adopté par le chemin de fer de Dublin à Kingstown prouvent encore suffisamment que le gouvernement pourrait, sans danger de perte d'argent, opérer de grandes réductions dans les tarifs. Il y a deux ans, les directeurs de cette compagnie abaissèrent tellement leur tarif, qu'une classe de voyageurs est transportée maintenant pour ½ farthing[90] par mille; et leurs affaires ont si bien prospéré par l'adoption de cette mesure, que les actions qui, avant, étaient à 18 p. cent au-dessous du pair, sont aujourd'hui à 16 pour 100 au-dessus.
Nous avons surtout appelé l'attention du lecteur sur ce fait, que ces deux compagnies (les seules du royaume qui aient adopté le système des tarifs très bas) n'ont pas eu la moindre augmentation de dépenses, bien que, sur le chemin de Dublin à Kingstown, le nombre des voyageurs, l'année dernière, ait dépassé de 400,000 celui des années précédentes.
Nous admettons toutefois que l'adoption de ce genre de tarif causerait une diminution sensible dans la recette brute de la plupart des chemins de fer; que la diminution ne serait pas moindre d'un tiers pour quelques-uns, mais, d'un autre côté nous espérons avoir démontré que le profit qui reviendrait a l'Etat au moyen de la différence entre les recettes perçues actuellement par les compagnies et les dividendes qu'il aurait à payer, compenserait amplement ce déficit.
D'où nous concluons que la mise à exécution de notre projet de réforme est basée sur les quatre propositions distinctes: