L'unité nationale absolue, avec sa tendance fatale à l'extension par l'absorption des États faibles, cessera de prédominer. Déjà même, on n'ose plus la conquête brutale, malgré la folie des armements. Quant aux peuples fédérés, ils ne seront plus obligés de ruiner leurs finances et d'immobiliser dans les casernes leur jeunesse travailleuse pour se défendre contre leurs voisins, et ils n'auront pas besoin de rendre l'État adéquat à la nationalité en englobant tous les individus de même race, du moment que la fédération leur garantira à tous une égale liberté dans leurs frontières respectives.
La Turquie a un avenir en Asie; elle n'a même d'avenir que là. Déjà ses provinces européennes représentent un poids mort qu'elle traîne sans profit et sans gloire, qui épuise ses dernières forces, lesquelles, libérées,--car ce serait une délivrance même pour l'Empire ottoman qu'une solution radicale de la question d'Orient,--trouveraient à s'exercer légitimement dans cette Asie qui est le berceau de l'Islamisme.
L'humanité procède par étapes, chaque nouvelle génération reprenant la marche en avant quand la précédente a fait halte dans la mort. Une Confédération orientale serait une de ces étapes--et combien décisive!--vers le progrès et l'apaisement. La Confédération des peuples de l'Autriche-Hongrie en formerait une seconde; c'est ainsi que l'on arriverait un jour à la constitution des États-Unis d'Europe, qui seule donnera le signal du désarmement général et comblera ce voeu légitime de l'humanité civilisée: la paix universelle.
Les peuples balkaniques, sous la présidence de l'Italie, auraient la gloire d'avoir pris l'initiative de ce mouvement, prouvant au monde qu'ils ont su comprendre, avant les plus grands pays, la nature des phénomènes sociaux à venir.
BIBLIOGRAPHIE
PRINCIPAUX OUVRAGES CONSULTÉS
ALEXICI (G.).--
Macédoromanii
. (
Convorbieri literare