OISELIER. s. m. celui qui vend des oiseaux de voliére, qui les éleve en cage.

OMBELLE. s. f. Terme de Blason qui se dit d'une espece de parassol que le Doge de Venise met sur ses Armes par une concession d'Alexandre III. quand il se réfugia à Venise en fuyant la persecution de Federic. Elle est quelquefois sur les Armes de la République.

Ombelle en termes de Botanique est une partie de la plante, dont le bout de la tige se divise en plusieurs autres moindres tiges, lesquelles portent des bouquets ou graines; comme le fenoüil & l'anet sont des plantes à ombelle. Ce mot vient de ce que ces petites tiges s'ouvrent & sont disposées de la même maniére que les bâtons qui supportent un parassol, ou ombelle.

OREILLE. s. f. partie double de la tête des Animaux qui leur sert à ouïr, à entendre les sons qui la frappent. Pour la perfection de l'ouïe la Nature nous a donné une oreille exterieure & une interieure: l'exterieure est d'une substance membraneuse, & cartilagineuse, c'est à dire, mitoyenne entre l'os & la chair. Sa figure est presque en demi cercle, & creuse par dedans, comme une petite caverne; le haut de l'oreille s'appelle l'aîle ou l'aîleron; l'extrêmité de son tour enfoncé du devant au dedans s'appelle gibbeuse, le trou & le creux de dedans s'appelle la petite coquille, ou conque, parce qu'elle ressemble à l'entrée de la coquille d'un limaçon; la cavité qui est auprés du conduit de l'oreille, en laquelle s'amassent ses ordures, s'appelle Ruche; & cette glu ou ordure qu'on en tire avec un cure-oreille, s'appelle le suif, & par quelques-uns la cire; le bout ou tendon qui est plus gras & charnu, s'appelle lobe, ce bout-là rougit d'ordinaire, quand on a de la honte; & tout le circuit de l'oreille se nomme helix, c'est à dire, tour ou tortis. Le conduit de l'oreille est formé de parties cartilagineuses & osseuses. Les animaux couverts de plumes ou d'écailles n'ont point d'oreilles exterieures, mais ils ont un trou ouvert pour ouïr.

L'oreille interne est située en l'os pierreux derriére l'apophyse mamillaire, dans la partie écailleuse de l'os des temples, & est separée de l'organe externe de l'ouïe par la membrane du tambour: Elle est composée de quatre conduits; le premier qui est tourné vers le dehors, & toûjours ouvert, est celui qui donne passage au son, il est tortueux, biaisant, long & étroit, au bout duquel il y a cette membrane qu'on nomme tambour, qui est mince & seche, déliée & qui a le sentiment extrêmement vif. Ceux qui l'ont trop dense & épaisse dés leur naissance sont des sourds incurables. Derriére cette membrane on trouve une seconde cavité, que quelques-uns appellent la quaisse du tambour, & d'autres le bassin, dans laquelle est contenu un certain air naturel & interne, que les anciens Medecins ont appellé implanté, qui selon eux, reçoit aisément l'impression de celui de dehors, & ils tiennent qu'il sert à l'ouïe, comme le crystalin à la vûë. Là on découvre trois petits os à qui on a donné le nom de leur figure; le premier est fait comme un petit marteau, le second comme une enclume, & le troisiéme qu'on nomme étrier, est triangulaire, comme étoient les étriers antiques. M. du Vernay en a découvert un quatriéme sur la tête de l'étrier; & ce qui est à remarquer, c'est qu'ils sont aussi gros & aussi grands aux enfans qu'aux hommes d'âge. Ils sont placez dans la cavité de la quaisse. Il y a une corde fort deliée qui passe derriére la peau du tambour, de même que le tymbre qui fait resonner un tambour de guerre. On doute si c'est une veine, un nerf ou une artere, tant elle est petite. Du Vernay dit que c'est un nerf. Il y a aussi des muscles dans cette cavité, dont deux servent au mouvement du marteau, & l'autre à celui de l'étrier. Ils sont si déliez qu'à peine les peut-on voir. Ils servent au flux & au reflux, ou au double mouvement du marteau: il y a aussi deux petites fenêtres, dont la plus haute s'appelle ovale, à cause de sa figure. La seconde est sans nom; & il y a un conduit qui va jusques dans le palais. La troisiéme cavité qui est creusée dans l'os pierreux, s'appelle le labyrinthe, pour ce qu'il y a plusieurs trous & chambrettes cachées. Elle est faite comme une coquille d'escargot. Sa premiére partie s'appelle le Vestibule, qui a 9. ouvertures, & la derniére le limaçon ou trou aveugle, parce qu'il est sans bout & issuë. Il est composé d'une lame spirale montante, qui separe en deux un canal demi ovallaire, qui fait deux tours & demi au tour du noyau du limaçon toûjours en diminuant, & forme comme deux rampes d'escalier. C'est dans cette partie que du Vernay met l'organe immédiat de l'ouïe. Enfin on trouve le nerf de l'ouïe qu'on nomme le nerf auditif, qui prend son origine de la cinquiéme conjugaison suivant les Anciens, & la septiéme suivant les Modernes. Il y en a aussi un rameau de la seconde paire vertebrale, qui porte les images de tous les sons au sens commun. Enfin il y a un petit conduit cartilagineux, qui va de l'ovale dans le palais de la bouche, qu'on nomme aqueduc, & qui est fermé par une petite valvule, ou sous pape: de là vient que les sourds entendent un peu par la bouche, & qu'en leur faisant prendre le manche d'un luth avec les dents, ils en entendent l'harmonie. Dessous & derriére les oreilles il y a des glandules qu'on appelle parotides, qui sont des émonctoires par où le cerveau se décharge, & quand elles sont trop humectées, il s'y fait des tumeurs que le peuple appelle orillons ou oripeaux. Ce mot d'oreille vient du Latin auris, que Dulaurens dérive de haurire, qui signifie tirer ou puiser, parce que les oreilles tirent & reçoivent la voix & les sons dans leurs cavitez. Quelques Medecins ont crû que quand les oreilles étoient coupées, les hommes devenoient stériles, & que de là est venuë la coûtume de couper les oreilles aux larrons de peur qu'ils n'engendrassent de petits larronneaux.

Les oreilles des Animaux sont faites diversement. Le Veau marin & toutes les especes de lezards & de serpens n'ont point du tout d'oreilles externes; le singe & le porc-épic les ont applaties contre la tête comme les hommes; il y a une espece de Baleine qui a l'ouverture de l'oreille sur les épaules. Les taupes ont le conduit de l'oreille fermée par une petite peau qui s'ouvre comme une paupiére. La tortuë, le cameleon aussi bien que la plûpart des poissons, ont le conduit de l'oreille tout à fait bouché.

Les bruits, les tintoins, les bourdonnemens sont des maladies des oreilles. Quand on dit qu'un homme a l'oreille dure, c'est à dire, honnêtement qu'il est sourd.

Les Incas du Perou se faisoient particuliérement remarquer par leurs oreilles, dont la largeur étoit si prodigieuse qu'elle est incroyable. Ils accordoient aux Capitaines qui les avoient bien servis, comme un grand privilege la permission de se percer les oreilles, à condition que le trou n'en seroit pas la moitié si grand que celui de l'Inca, & on leur donnoit même la mesure du trou, afin qu'il ne fût pas plus grand que le privilege portoit. Ils y portoient des pendans d'oreille attachez à deux filets, longs d'un quart d'aune, & gros d'environ la moitié d'un doigt, ce qui les fit appeller par les Espagnols orejones, c'est à dire, hommes à grandes oreilles. Cette coûtume de se percer les oreilles étoit aussi en usage chez les Indiens d'Orient, dont il est fait mention ci-aprés au mot Pendans d'oreille.

Oreille en termes de Musique, se dit du jugement que l'oreille fait des sons. Cet homme danse bien, il a l'oreille fine, juste, delicate, il observe la cadence. Cet homme n'a point d'oreille, ne distingue pas les tons & les mesures. On dit aussi des Orateurs & des Poëtes qu'ils doivent avoir de l'oreille, pour dire qu'ils doivent observer la cadence de leurs Vers, de leurs périodes, éviter les cacophonies. Un Ancien a dit que le jugement de l'oreille étoit fort rigoureux.

On dit en ce sens d'un discours, des paroles, qu'elles blessent, qu'elles choquent les oreilles, quand elles déplaisent. Les ordures blessent les oreilles chastes. Les barbarismes choquent les oreilles des gens polis. Les belles paroles n'écorchent point l'oreille. Les grands ont les oreilles delicates, se choquent de peu de chose. La Musique charme, flatte, chatoüille l'oreille. Il y a bien des gens qui se laissent prendre par l'oreille, charmer par une belle voix, persuader par un beau discours. On dit aussi qu'une chose sonne mal aux oreilles, quand elle est odieuse, quand on en a mauvaise opinion. On dit qu'un homme a l'oreille d'un Prince, d'un Ministre, pour dire qu'il en a de favorables audiences, & tant qu'il veut; qu'il lui souffle, qu'il lui corne aux oreilles quelque chose, pour dire qu'il fait tant qu'il le persuade. Il lui a dit un mot à l'oreille, pour dire qu'il lui a donné un avis secret.