OGIVE. s. f. Terme d'Architecture. C'est le trait d'une voute qui au lieu d'être en berceau ou en plein ceintre, trace une diagonale en forme d'arrête.
Les deux ogives diagonales en se croisant forment la clef de la voute. Les arcs en berceau d'où les ogives sortent, s'appellent arcs doubleaux; & ce qui est entre les ogives & les arcs doubleaux, s'appelle le pendentif de la voute. Les parties des ogives qui sont en saillie, s'appellent les nerfs.
OGOESSES. Terme de Blason qui se dit des tourteaux de sable pour les distinguer des autres qui se nomment Gulpes, quand ils sont de pourpre; quand ils sont de geules, guses; quand ils sont d'azur, heurtes; & quand ils sont de sinople, pommes ou volets, quoy qu'ils retiennent tous en général le nom de tourteaux.
OIGNEMENT. s. m. Action par laquelle on oint, on parfume. Le lavement & l'oignement des pieds étoit une honnêteté que les juifs faisoient à leurs hôtes, à ceux qu'ils vouloient honorer, comme celuy que fit la Madelaine au Sauveur.
OISEAU. s. m. Animal qui s'éleve en l'air, qui le traverse, qui s'y tient suspendu par le secours de ses plumes & de ses aîles. Le Phenix, s'il y en a, passe pour le Roi des oiseaux. C'est une erreur de croire que les oiseaux de paradis volent toûjours, ils ont des pieds avec lesquels ils s'attachent aux branches pour dormir. Les Romains observoient avec soin le vol des oiseaux. A l'arrivée des Européans dans les Isles de l'Amerique, tous les oiseaux, à ce qu'on dit, étoient privez parce qu'on ne leur faisoit point la guerre. Ce mot vient d'Avicellus, ou Aucellus, dont les Italiens ont fait aussi Augello. Ménage & Du Cange.
On appelle en termes de Fauconnerie, oiseaux de proye, les gros oiseaux qui vivent de grip, de rapt & de rapine, qu'on dresse & qu'on apprivoise. On appelle oiseaux niais ceux qui sont pris au nid. Oiseau branchier celuy qui n'a encore que la force de voler de branche en branche. Un oiseau sor, celuy qui n'a point encore mué, il ne se dit que des oiseaux de passage, & non du niais & du branchier. Un oiseau hagard, celuy qui a été à soi, qui est plus farouche. Un oiseau de bonne ou de mauvaise affaire, celuy qui est docile ou farouche. On appelle parement de l'oiseau, la maille qui luy couvre le devant du col; manteau d'oiseau, le plumage des épaules, du dos & du dessus des aîles. Serres d'oiseau, ce sont leurs griffes. Mains d'oiseau, ce sont leurs pieds. La couronne de l'oiseau, c'est le duvet qui couronne, qui joint le bec à la tête. On appelle train de l'oiseau, son derriére, ou son vol.
On appelle oiseau de poing, celuy qui étant reclamé, fond sur le poing sans entremise de leurre, comme l'autour & l'éprevier; oiseau de leurre, celuy qui fond sur le leurre, quand on le luy jette, & delà sur le poing. On en compte dix ordinaires, faucon, gerfaut, sacre, lanier, aigle, tagarot, émerillon & hobereau, le faucon & le sacre bâtards, oiseau de montée, est celuy qui s'éleve fort haut, comme le milan, le heron, &c. Il y a des oiseaux pour la haute & pour la basse volerie. Oiseau pillard celui qui pille & détrousse un autre; oiseau chariard, qui dérobe sa perdrix; oiseau bas & tenu par le Bec, c'est à dire, en faim. L'oiseau Bâtard est, par exemple, un faucon né d'un tiercelet de faucon & du lanier; ou un sacre né du sacret & du lanier.
On appelle oiseaux vilains, poltrons & tripiers ceux qui ne suivent le gibier que pour la Cuisine, qu'on ne peut affaiter ni dresser, comme les milans & les corbeaux, qui ne combattent que les poulets, lesquels n'ont ni vol ni défense. Un oiseau dépiteux, qui ne veut pas revenir, quand il a perdu sa proye. Un oiseau attrempé est celuy qui n'est ni gras ni maigre. Un oiseau âpre à la proye, bien armé de bec & d'ongles. Un oiseau fort à Delivre, qui n'a point de corsage qui est quasi sans chair, comme le heron. On appelle oiseau allongé, celuy dont les pennes sont bien entieres, qui ont toute la longueur qu'elles doivent avoir; un oiseau trop en corps, celuy qui est trop gras. On dit aussi un oiseau de bonne aire, un oiseau de grand travail & de bon guet, un oiseau de bonne compagnie, un oiseau pantois ou asthmé, un oiseau égalé, quinteux, escartable, rebuté, un oiseau d'échappe. Un oiseau bon chaperonier. Il y a aussi des oiseaux de nuit, de mauvais augure, de voirie, des oiseaux de jour, oiseaux de parade, de babil, & cageolleurs, oiseaux sauvages, passagers, de combat, de volerie, de marais, de marine, qui rasent les étangs, & sont bons poissonniers, &c.
Les oiseaux de leurre doivent avoir les mahutes hautes, les reins larges, bien croisez, bas assis, cour-jointez, les mains longues. On dit aussi apoltronir un oiseau, l'acharner, l'abecher, l'abattre, l'abaisser, l'entraver, l'essimer, & plusieurs autres phrases qui sont expliquées à leur ordre.
On appelle oiseaux de riviére, les canards, sarcelles & autres aquatiques qui aiment les eaux. Oiseaux de bois, les gelinottes, les faisans. Oiseaux passagers, les beccasses, les cailles, les guignards. Oiseaux domestiques, les poulles, les canes, oyes. On appelle oiseaux de voliére, ceux qu'on garde en cage pour leur chant, leur ramage, leur gazoüillement, comme rossignols, serains, linottes, chardonnerets, &c.