[205] Mémoires sur le Consulat par Thibaudeau. Napoléon regardait tous les philosophes comme des boudeurs d’Auteuil (le mot est de lui), mûrs pour le Sénat, et il pensait volontiers, comme Chateaubriand, que l’Institut était une «tanière de philosophes».
[206] Il habitait Auteuil en 1796 et avait alors vingt-huit ans. Il était neveu de Dominique Garat. Lors de sa nomination au Tribunat, on avait dit:
Pourquoi ce petit homme est-il au Tribunat?
C’est que ce petit homme a son oncle au Sénat.
Mailla-Garat fut, dans la suite, employé par Daunou, aux Archives; ami de Mme de Coigny, il demeurait chez elle.
[207] Daunou.
[208] Taillandier p. 121-122.
[209] Taillandier avoue ces entretiens. V. aussi les Mémoires de Rovigo, de Thibaudeau et de Fouché, l’Histoire de France de Bignon, Dix ans d’exil, par Mme de Staël, et les Mémoires d’outre-tombe.
[210] Nous employons ce titre très ingénieux donné par M. Lalanne et non par Fauriel au curieux manuscrit trouvé dans les archives de l’Institut.
[211] Garat, avec sa belle inconscience, écrivait dans son ouvrage sur Moreau: «A cette époque, il fallait tout le courage des conspirations pour oser seulement se communiquer ses pensées. Moreau, que je ne connaissais guère que par sa gloire, et moi qui ne lui étais connu que par quelques lignes écrites, garantie si peu sûre des vrais sentiments d’un homme, nous ouvrîmes nos âmes tout entières l’un à l’autre. Sans cesse occupés de la chose publique, nous avions sans cesse le besoin de nous voir. Nous nous réunissions à l’une des barrières de Paris, chez un ami commun, dans un appartement à la fois chambre à coucher, bibliothèque et salon d’un homme de lettres. C’est là que, seul, couvert d’une redingote et à pied, se rendait le vainqueur de Hohenlinden.»