Que son cœur de mes traits ait gardé quelque image?

Dis-lui que je l’aimais...

Ailleurs, il défendait sa mémoire:

Ils m’ont dit: choisis d’être oppresseur ou victime,

J’embrassai le malheur et leur laissai le crime...

Et revenant à sa délicieuse Sophie:

J’ai servi mon pays, j’ai possédé ton cœur,

Je n’aurai point vécu sans goûter le bonheur.

Tenant déjà dans sa main la coupe fatale, il écrivait[141]: «Je ne puis regretter la vie que pour ma femme et mon Elisa; elles en auraient embelli les derniers instants. Ma vie pouvait leur être utile; elle était chère à Sophie. Je périrai comme Socrate et Sidney pour avoir servi la liberté de mon pays.»

Le lendemain du jour où il traçait ces lignes, il inscrivait ces pensées sur la feuille de garde d’une histoire d’Espagne[142]: