[120] Lettre sur Julie imprimée à la suite des Mélanges de Littérature.
[121] M. Thiers a raconté que cette scène s’était passée chez Mlle Candeille; c’est une erreur, Mlle Candeille était chez Julie, ce soir-là, et elle était au piano, quand arriva Marat. Celui-ci est formel sur ce point. Vergniaud et Lasource ne le furent pas moins dans leurs interrogatoires au Tribunal révolutionnaire.—Sur Julie, consulter le dictionnaire de Jal au mot Talma; les Souvenirs d’une actrice (Louise Fusil); les Souvenirs d’un sexagénaire, par Arnault; l’ouvrage de C. Vatel sur Vergniaud; enfin, et surtout, les articles très remarquables de M. Victor du Bled sur les Comédiens français pendant la Révolution et l’Empire, dans la Revue des Deux-Mondes des 15 avril, 1er août et 15 novembre 1894.
[122] Voir le Journal des Débats de la Société des Jacobins, no 285, 19 octobre 1792.—C’est la version donnée par Marat lui-même de sa conduite dans cette soirée.
[123] Tome III, p. 375.
[124] Revue Blanche, 15 mai 1896, p. 452.
[125] Le Dictionnaire de la Conversation, à l’article Condorcet, raconte, d’après un témoin oculaire, dit-il, que Condorcet, membre du Comité de la Commune, ayant assisté à un conseil sur les subsistances, conseil présidé par Louis XVI, aurait été frappé des connaissances du roi en cette matière et de la sagesse des mesures qu’il avait proposées. «Après l’avoir écouté, nous nous sommes tous regardés avec étonnement et nous n’avons réellement rien trouvé de mieux à faire que d’adopter ses vues.» Tout cela est parfaitement possible; mais il est bien difficile d’admettre, comme Aubert-Vitry voudrait le faire croire, que Condorcet ait remporté de cette séance,—en dehors du cas particulier en discussion,—l’impression que Louis XVI était un prince très éclairé, très instruit et plein de sens.
C’est chez Mme Dupaty qu’Aubert-Vitry aurait recueilli cette anecdote de la bouche même de Condorcet!
[126] Tilly, chargé d’affaires à Gênes, agent royaliste, écrivait le 27 juillet 1793 (sa lettre est évidemment très postérieure aux faits qu’elle relate, car, en juillet 1793, Condorcet était proscrit): «Pendant que Belleville avait harangué le roi des Lazzaroni en faveur de ses compatriotes, le marquis et la marquise de Condorcet avaient harangué le ministre de la marine en faveur de La Chèze (consul).» (Archives des affaires étrangères. Gênes, 1793, fo 178.) La Chèze, député de Brive à la Constituante, s’était établi, grâce à son amitié avec Cabanis, chez Mme Helvétius, en 1789. Il fut cause de la brouille de Cabanis avec Morellet et du départ de celui-ci. (Voir les Mémoires de Morellet et le Salon de Mme Helvétius.) Mme de Condorcet et les O’Connor conservèrent des relations avec La Chèze et, en juillet 1810, une lettre du général O’Connor à Parent-Réal (collection Fréd. Masson) montre que le gendre de Condorcet s’occupait encore, à cette date, des intérêts pécuniaires de Mme La Chèze.
[127] Emmanuel Jean-Baptiste Fréteau, né le 5 novembre 1775, allait atteindre sa dix-septième année quand, après les journées de septembre, il fut réquisitionné comme tous ceux qui avaient plus de seize ans. On l’envoya à Caen avec son précepteur; mais tous deux furent arrêtés à Houdan. Ils songèrent à se recommander de Condorcet qui obtint leur mise en liberté.—14 septembre 1792, Mme Fréteau à son fils: «Tu auras sans doute rendu grâces, ainsi que nous, à celui qui a protégé ton innocence et sans l’appui et le secours duquel tu aurais pu courir de grands dangers. Sans doute vous aurez écrit à M. de Condorcet pour le remercier.» Archives Fréteau de Pény.
[128] Voir, sur toute cette période, les Mémoires du Maréchal de Grouchy, 23 avril: «La santé de ton respectable père, dit Mme de Grouchy à son fils, est troublée par la persévérance des calomnies que l’évidence même ne peut désarmer.»