Une année à peine après avoir composé et fait graver son emblème, Bilibalde succomba sous les étreintes de la cruelle maladie dont il souffrait depuis longtemps. Il mourut le 21 décembre 1530, et son corps fut déposé dans le cimetière Saint-Jean de Nuremberg, à côté de son cher Durer. On lisait sur son tombeau l'inscription suivante, gravée sur une table d'airain scellée sur la pierre sépulcrale:
Bilibaldo Pirckheimero patritio
Ac senatori Nurimberg. Divorum
Maximil. et Caroli V, Augg. Consiliario,
Viro utique in præclaris rebus
Obeundis prudentiss. Græce
Juxta ac latinè Doctiss.
Cognati tanquam stirpis Pirckeimeriæ
Ultimo, Dolenter hoc s. p.
Vixit ann. LX.D.XVI. Obiit Die
XXII Mens. Decemb. an christianæ
Salutis MDXXX.
Virtus interire nescit[474].
La mort de Pirckheimer excita de vifs regrets parmi les savants: Érasme, dans une lettre au duc Georges de Saxe, écrite de Fribourg en mai 1531[475], fait un pompeux éloge du sénateur de Nuremberg, et rappelle les services qu'il rendit aux lettres, en publiant, pour la première fois, ainsi que nous l'avons rapporté, un grand nombre d'auteurs grecs et latins. Mais encore que son épitaphe ait raison de dire que «la vertu ne périt pas avec la mort,» qui se rappellerait aujourd'hui le nom du dernier des Pirckheimer, si l'art de Durer, son ami, ne s'était chargé de le faire revivre?
JEAN WINCKELMANN
1717—1768
CHAPITRE XXXIX
Naissance de Winckelmann.—Pauvreté de ses parents.—Ses études à Steindall.—Le recteur Toppert.—Voyage à Berlin et retour à Steindall.—Il devient précepteur.—Il veut se rendre en France.—Il est admis co-recteur à Seehausen.
1717—1748