| Quatrième degré d'oxigénation. | ||||
| Noms nouveaux. | Noms anciens. | |||
| Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que: | ![]() | Le calorique. | ||
| L'hydrogène. | ||||
| L'azote. | Acide nitrique oxigéné. | Inconnu. | ||
| Le carbone. | Acide carbonique oxigéné. | Inconnu. | ||
| Le soufre. | Acide sulfurique oxigéné. | Inconnu. | ||
| Le phosphore. | Acide phosphorique oxigéné. | Inconnu. | ||
| Le radical muriatique. | Acide muriatique oxigéné. | Acide marin déphlogistiqué. | ||
| Le radical fluorique. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le radical boracique. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que: | ![]() | L'antimoine. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . |
| L'argent. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| L'arsenic. | Acide arsenic oxigéné. | Inconnu. | ||
| Le bismuth. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le cobalt. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le cuivre. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| L'étain. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le fer. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le manganèse. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le mercure. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le molybdène. | Acide molybdique oxygéné. | Inconnu. | ||
| Le nickel. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| L'or. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le platine. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le plomb. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
| Le tungstène. | Acide tungstique oxygéné. | Inconnu. | ||
| Le zinc. | . . . . . . . . . . . . . . . . . | . . . . . . . . . . . . . . . . | ||
OBSERVATIONS
Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples métalliques & non métalliques.
L'Oxygène est une des substances les plus abondamment répandues dans la nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, & par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.
Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de conditions: la première est que les molécules constituantes de ce corps n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que celle qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors il ne peut plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut venir au secours de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté l'attraction des molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, en y introduisant du calorique.
Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que l'oxygénation a lieu.
On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est accompagnée de chaleur, de lumière & même de flamme; telle est la combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement & sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit sensible.
Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce principe.
L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain degré de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu de leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter cette substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. L'oxide rouge de mercure est un des plus propres à remplir cet objet, sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en les élevant à un degré de chaleur médiocre.
L'oxide noir de manganèse, l'oxide rouge de plomb, les oxides d'argent, & en général presque tous les oxides métalliques peuvent remplir jusqu'à un certain point le même objet, en choisissant de préférence ceux dans lesquels l'oxygène a le moins d'adhérence. Toutes les réductions ou revivifications métalliques ne sont même que des opérations de ce genre: elles ne sont autre chose que des oxygénations du charbon par un oxide métallique quelconque. Le charbon combiné avec l'oxygène & avec du calorique, s'échappe sous forme de gaz acide carbonique, & le métal reste pur & revivifié.

