— Que le Seigneur te conduise sur la mer, toi et les tiens ! dit Tamahiné. Qu’il te ramène bientôt parmi nous !
Je partis, ignorant si je quittais pour quelques mois ou pour toujours le beau pays dont on dit tant de choses qui ne sont pas toutes vraies, le Paradis terrestre des midships, la Nouvelle Cythère.
Et voici qu’au milieu de mes notes je tombe sur les vers imprimés à peu d’exemplaires heureusement, qu’un devancier de Pierre Loti dédiait jadis à Tahiti, et qui se terminaient par cette strophe bizarre :
Dédaignez, fiers oisifs, la douceur mensongère
Du bien-être trompeur par l’Europe importé ;
Mangez votre féï que l’île votre mère
Donne sans exiger ni travail ni salaire,
C’est le pain de la liberté !
L’auteur de cette poésie a fait son chemin. Il possède aujourd’hui l’un des grades les plus élevés de la marine française et fait toujours des vers !…
Ia ora na, Tahiti !