[418] Valère-Maxime, IX, 2.

[419] Mithridate, 61.

[420] Plutarque, Sylla. Voy. Duruy, t. II, p. 643 ; d’Hugues, loc. cit., p. 47.

Il en devait être de même, quelque temps après, à Genabum, dans la Gaule, déjà exploitée par les banquiers romains avant la conquête de César[421].

[421] Cicéron, Pro Fonteio, IV et suiv.

Rome envoya de nouvelles armées en Afrique et en Gaule, et les nations rebelles furent définitivement soumises. Mais n’anticipons pas sur les événements.

Quant à l’Asie, il semble, en vérité, que ce malheureux pays dut être la terre classique des manieurs d’argent, la proie des spéculateurs. Elle devait évidemment ses malheurs à ses richesses et à la fertilité de son territoire, présents funestes, sans doute, d’un destin irrité. « Asia vero tam opima et fertilis », dit Cicéron, « ut et ubertate agrorum et varietate fructuum et magnitudine pastionis et multitudine earum rerum, quæ exportantur, facile omnibus terris antecellat[422]. » C’était, suivant l’expression de M. Belot, l’Eldorado des publicains.

[422] Cicéron, Pro lege Manilia, VI.

Déjà Caius Gracchus avait chargé de taxes directes et indirectes la nouvelle province d’Asie. « Il lui imposa notamment la dîme foncière, et décida que toute la province serait donnée à bail aux entrepreneurs de Rome, fermant du même coup la porte aux capitalistes locaux, et suscitant aussitôt la formation d’une société colossale pour la prise à ferme des dîmes, des redevances, des pâturages (pascua, scripturæ) et des douanes (portoria) d’Asie[423]. » C’est sur cette terre prédestinée, surtout, que nous allons voir reparaître, dans l’ordre chronologique des événements, les exploits des publicains. Caius Gracchus lui-même avait dû poursuivre les extorsions sans pudeur, que les negotiatores de son temps, et spécialement Marius Aquilius, y avaient scandaleusement exercées[424].

[423] Ascon., In divin., 122 ; Tite-Live, LXX. Voy. Mommsen, V, p. 187.