[599] Tite-Live, liv. XXXV, ch. VII.

[600] Belot, Hist. des chev., p. 154. — Cicéron, Pro Sulla, 20. Les particuliers plaçaient leurs fonds et « ceux de leurs familles » sur les vectigalia. Supra, [p. 282].

A mesure que les banquiers devenaient plus forts, comme chevaliers, et comme affiliés aux publicains, les lois devenaient de plus en plus impuissantes envers eux, aussi bien qu’envers leurs amis. En 665-89, le préteur Sempronius Asellio voulut prendre des mesures pour assurer l’application des anciennes lois contre l’usure, nous avons déjà signalé ce fait, il fut massacré en plein jour par les banquiers, près du temple de Vesta.

C’est à cette occasion que fut proposée la loi Plotia de vi, hominibus armatis, afin d’enlever aux chevaliers la judicature et d’obtenir, ainsi, une condamnation contre les meurtriers du préteur.

On voit où en était venue la justice, non seulement par rapport aux publicains, mais encore par rapport à tout ce qui se rattachait, de près ou de loin, à leurs affaires ou à leurs intérêts[601].

[601] Belot, eod., p. 262.

Plutarque a rapporté, en détail, les mesures prises par Lucullus en Asie, en 683-71, soit contre les publicains, soit contre les banquiers ou les negotiatores. C’était, assurément, contre ces derniers surtout, que furent édictées les dispositions par lesquelles le proconsul ramenait le taux de l’intérêt à 1 % par mois, et réduisait le montant de ce qui était déjà dû[602].

[602] Plutarque, Lucullus.

Mais les publicains ressentirent aussi très profondément les effets de ces mesures, car ils avaient dû se faire banquiers à côté de ceux qui l’étaient en titre, nous l’avons vu, pour faire les avances nécessitées par les lourdes charges que Sylla avait imposées à l’Asie. Et nous avons vu, aussi, que la loi Manilia vint, sur les insistances de Cicéron, l’orateur des publicains et des banquiers, punir Lucullus de ses sévérités.

D’autres mesures, d’un caractère singulier, furent prises plus tard à Rome même, en vue d’éviter que la monnaie ne sortît du sol de l’Italie. Nous en indiquons quelques-unes, comme se rattachant spécialement au commerce de l’argent.