[595] Tite-Live, XXII, 60 ; XXIII, 21.

En 540-214, lorsque les sociétés de publicains s’honorèrent par les propositions généreuses que nous avons rapportées, pour venir au secours de l’État en détresse, on nomma des triumviri mensarii pour être adjoints aux censeurs : « Arcessitosque ab triumviris esse dixerunt, ut pretia servorum acciperent[596]. »

[596] Tite-Live, XXIV, 18.

C’est encore entre les mains des triumviri mensarii, qu’en 542-212 le public fut invité à porter ses offrandes à la patrie en danger[597].

[597] Tite-Live, XXVI, 26 : « Senatu inde misso pro se quisque aurum argentum et æs in publicum conferunt tanto certamine injecto, ut prima inter primos nomina sua vellent in publicis tabulis esse, ut nec triumviri (mensarii) accipiendo nec scribæ referundo sufficerent. »

Cicéron parle aussi[598] de mensarii chargés de surveiller les dépenses de l’État, en compagnie de cinq préteurs et de trois questeurs.

[598] Pro Flacco. — Voy. aussi un texte, très discuté d’ailleurs, de Quintilien, Inst., V, 105.

On voit que ces mensarii sont des fonctionnaires ou des délégués du pouvoir public. Nous n’insistons pas.

Nous avons dit également, pourquoi nous ne devrions pas nous occuper ici des lois sur le taux de l’intérêt et sur l’usure ; nous signalerons cependant, en passant, quelques mesures spécialement intéressantes pour les manieurs d’argent de Rome et de la province. Elles sont trop caractéristiques des mœurs économiques du temps, pour que nous les passions sous silence ; mais nous nous abstiendrons de commentaires.

Une loi de 561-193 soumit les Latins aux lois romaines sur le prêt d’argent, « cum sociis ac nomine Latini pecuniæ creditæ jus idem quod cum civibus Romanis esset[599]. » Jusque-là, on s’était servi de prête-noms latins pour se soustraire à la rigueur des lois ; on fut obligé d’aller chercher le détour plus loin, et jusque dans les provinces d’outre-mer. « Voici donc, d’après M. Belot, le commerce que faisaient depuis les guerres puniques, les banquiers presque tous sortis de l’ordre équestre. Ils empruntaient à Rome, à un taux modéré, et ils prêtaient en province, à un taux exorbitant. Ils gagnaient la différence des intérêts. C’est ainsi que P. Settius, avait, à Rome, contracté des dettes, mais, en province, il avait de nombreux débiteurs, parmi lesquels Hiempsal, roi de Mauritanie[600]. »