Tâchons de déterminer d’abord son actif, par ses immeubles, par ses biens de toute nature, et surtout par l’argent dont il a disposé, dans la dernière moitié de son existence très agitée. Ce premier travail fait, nous chercherons à remonter jusqu’aux origines de ces surprenantes richesses. Mais assurément nous ne saurons pas tout.

En premier lieu, les immeubles : Cicéron a eu pendant la plus grande partie de son âge mûr, simultanément huit ou dix villas en Italie, dont quelques-unes étaient somptueuses. Celle de Tusculum et celle de Formies notamment, devaient valoir beaucoup d’argent, car, à son retour de l’exil, il trouvait dérisoire que le Sénat ne lui ait alloué, pour les réparations à faire, que cinquante mille francs pour Formies et cent mille pour Tusculum[92].

[92] Ad. attic., IV, 2 ; octobre 697-57. On peut voir l’énumération d’un grand nombre de ces immeubles et des objets de luxe qui s’y trouvaient, dans le Geschichte Roms de Drumann, t. VI, §§ 107 et 108. Le Clerc indique les villas d’Antium, Astura, Arpinum, Cumes, Formies, Pouzzoles, Pompéi et Tusculum.

Il avait en même temps aussi, cinq ou six maisons de grande valeur, dans les beaux quartiers de Rome. L’une d’elles lui avait coûté près de un million[93], une autre plus de quatre cent mille francs. Le Sénat lui avait alloué quatre cent mille francs pour la reconstruction (superficies) de celle que le peuple avait détruite[94].

[93] Ad fam., V, 6 ; Aulu-Gelle, N. A., XII, 12. Voy. Hild, loc. cit.

[94] Ad. att. eod. Ces maisons n’étaient pas assurément les plus belles de Rome ; Claudius avait acheté plus de trois millions celle de Scaurus, qui était située sur le Palatin, comme l’une de celles de Cicéron, celle que ce dernier avait achetée à Crassus. Pline, Hist. Nat., XXXVI, 15-24. Ascon., Ad. Cic. mil. arg., 70.

Nous pouvons ajouter enfin à cette liste de grands immeubles, sur plusieurs desquels on connaît de curieux détails, et dont on montre encore de belles ruines, « les petites maisons (diversoria) que les grands seigneurs achetaient sur les principales routes pour s’y reposer, quand ils allaient d’un domaine à l’autre[95]. »

[95] G. Boissier, loc. cit.

Voilà donc d’importantes valeurs assurément : quinze ou seize riches immeubles, d’autres disent une vingtaine[96], dans le même patrimoine, ceci n’est certes pas chose commune, même dans la Rome des anciens temps.

[96] Hild, loc. cit. V. Le Clerc parle de dix-huit immeubles auxquels rien ne devait manquer, puisque Cicéron les appelle les délices de l’Italie. Vie privée et litt. de Cic., 2e édit., p. 314, t. I des œuvres traduites.