«Laissez-nous choisir une phrase et nous vous ferons condamner»; voilà le principe que suivent en général les propagateurs d’Ido, lorsqu’ils veulent livrer bataille à leurs adversaires.
Ils fabriquent de triste façon un texte espérantiste, souvent rempli d’erreurs (nous en avons eu la preuve à Anvers) et c’est là-dessus qu’ils se basent pour avancer des choses inexactes.
Comme la plupart du temps ils ne connaissent pas eux-mêmes la langue qu’ils critiquent, ils sont peu scrupuleux sur le choix des arguments, et ils réussissent parfois par des arguments erronés à convaincre les personnes peu averties.
Ajoutant la perfidie à la mauvaise foi et dans un but de déprécier l’Esperanto, certains Idistes proclament à grand fracas, qu’il y en a qui soutiennent la propagande espérantiste, dans un but de
lucre; ils ajoutent même que la concurrence a provoqué une certaine animosité entre les chefs du mouvement.
En admettant même que ces assertions soient véridiques serait-ce une preuve que leur langue est meilleure? N’est-ce pas là recourir à des procédés mesquins qui devraient ouvrir les yeux de tous sur la faiblesse de leurs arguments linguistiques?
Tout cela ne veut pas dire évidemment que parmi les champions de l’Ido, il n’en est pas qui soient de très bonne foi. Mais ont-ils vu clair eux-mêmes dans les arguments qu’on leur a fait valoir et n’ont-ils pas été éblouis par la notoriété de ceux qui les leur présentaient?
A ceux qui désirent pouvoir se décider en connaissance entre l’Esperanto et l’Ido, je conseillerai de parcourir les ouvrages suivants, qui les édifieront sur la question:
Autour de l’Esperanto, par Camille Aymonier;—édit.: Office Central Espérantiste, 51, rue de Clichy, Paris.—Fr. 0,50.
Réponses à quelques objections, par Rollet de l’Isle;—édit.: 51, rue de Clichy, Paris.—Fr. 0,25.